Penser la ville comme un ensemble d’éco-quartiers…

…qui conjuguent pour le bien-être de toutes et tous la présence de logements, d’activités, de commerces et de services publics de proximité, d’espaces d’échanges et de convivialité, et donc d’emplois.

S’il n’est pas possible, ni forcément souhaitable, de faire table rase de l’existant, on ne saurait se limiter à la construction d’un éco-quartier servant de vitrine et de faire valoir; la ville éco-sociale est un objectif à promouvoir à toutes les occasions et sur tout le territoire de la commune. Cela passe par des quartiers qui, pour favoriser le bien vivre de toutes et tous, allient logement et habitat, activités (et donc emplois) et services, notamment services publics et commerces de proximité, espaces de convivialité, de lien social et d’échanges citoyens, avec la prise en compte des paramètres écologiques qui y contribuent.

Pour réaliser cet urbanisme compact, nous utiliserons les outils existants (Plan Local d’Urbanisme, Schéma de Cohérence Territorial, droit de préemption…). Le sol est un bien commun; sa maîtrise publique est un enjeu économique et social afin de lutter contre l’étalement urbain et le mitage du territoire, destructeur de terres agricoles et naturelles. Le réaménagement du quartier Marceau doit lui aussi s’inscrire dans cette perspective.

En matière d’habitat, le libéralisme a fait du logement une marchandise, une source de profits juteux pour de grandes sociétés comme pour les «marchands de sommeil». La bulle immobilière avait fait exploser les coûts des loyers comme celui des acquisitions. Si depuis 5 ans, les prix sont orientés à la baisse, ils restent malgré tout encore très/trop élevés, ne permettant pas à nombre de limougeauds de se loger comme ils le souhaiteraient, alors même que dans la ville les logements vides, à louer et/ou à vendre se comptent par milliers !

L’échelon municipal a une capacité d’intervention importante sur cette question, déléguée pour Limoges à l’agglomération en très grande partie. La mairie préempte à juste titre les taudis ou immeubles vétustes, et constitue avec le temps des lots. Mais elle les revend à des promoteurs immobiliers pour la réalisation de programmes neufs. Préoccupés plus de rendements financiers que de programmes répondant aux besoins de la population, les promoteurs vendent de la défiscalisation plutôt que de l’immobilier. D’où la construction de logements pas toujours adaptés à la demande: un très grand nombre de petites surfaces, pour des loyers souvent inabordables, que les éventuels locataires fuient dès qu’ils le peuvent, et que les propriétaires revendent parfois avec de lourdes pertes après avoir été trompés ! Et de nombreux quartiers, centre ville compris, se transforment peu à peu en lieux résidentiels et sans vie. Pour sortir de cette spirale et mieux répondre aux besoins de la population, « Limoges Terre de Gauche » propose que la ville maîtrise ses programmes immobiliers.

Il faut amplifier la politique foncière de la ville qui a permis la constitution de logements sociaux amenant une meilleure répartition du parc sur l’ensemble de la commune, remettre à plat le travail en lien avec les associations de locataires, développer le pôle expertise de l’hygiène au service des locataires du parc privé.

• Il faut également favoriser le retour et l’implantation d’activités encourageant les commerces et les services de proximité dans tous les quartiers, y compris en centre-ville. Ce qui implique de mener une politique municipale volontariste. Les investisseurs en bâtiments professionnels veulent actuellement des rendements de 9 à 14 %… d’où des loyers commerciaux surévalués en centre-ville et l’hécatombe des commerces ! La ville peut agir pour orienter le niveau des loyers commerciaux, par une politique active de préemptions si nécessaire, par la création de mini-galeries commerciales dans des cœurs de quartiers, garantissant ainsi aux Limougeaud-e-s la capacité d’ouvrir et de tenir commerces, notamment sous forme coopératives et associatives. Nous plaidons pour la création par la municipalité de petits « cœurs de quartiers », partout dans la ville. Ils offriraient, à conditions attractives, des locaux commerciaux réservés à des artisans et commerçants locaux, vivant dans le quartier. A terme pourraient par exemple s’y écouler une partie de la production de la ceinture vivrière de Limoges.

Limoges doit être une ville agréable et attrayante pour ceux qui y vivent, ceux qui y travaillent, ceux qui s’y rendent qu’elles qu’en soient les raisons. On ne peut limiter l’ambition à l’existence de nombreux commerces bien achalandés attirant les passants. La ville doit redevenir un lieu où l’on prend le temps de la rencontre et de l’échange, de la convivialité. Une politique d’aménagement des places et au-delà même des rues s’impose. La municipalité devrait favoriser les terrasses, les espaces de rencontre, les évènements nocturnes, les concerts, et organiser des services de transports en commun en soirée (par exemple jusqu’à minuit). Ainsi, par exemple, la place de la République pourrait être intégralement revue, et ceci dans le respect et la valorisation de son patrimoine archéologique.

Pour rendre les places et les rues de la ville attractives, pourquoi ne pas redonner un espace plus important aux œuvres d’art, à la couleur des matériaux, aux arbres et aux plantes plutôt que de laisser partout des grands emplacements vides et sinistres ? Même en ville il faut favoriser la biodiversité !

Les enfants doivent pouvoir bénéficier d’aires de jeux plus nombreuses et originales et le centre-ville doit offrir une vie plus attrayante aux étudiants et aux jeunes adultes.