Revenir à Construisons les solidarités ! Favorisons l’émancipation !

Pour une école de l’égalité !

Pour lutter contre les inégalités, c’est d’abord à l’école qu’il faut agir.

Il faut en finir avec les dispositifs qui séparent les élèves en fonction de leur origine sociale et refonder l’École comme lieu de rencontre favorisant la mixité sociale1. Nous donnerons la priorité absolue à la scolarisation élémentaire de proximité et à la mixité sociale. C’est pourquoi, en matière de scolarisation élémentaire, dès la rentrée 2014, nous mettrons fin à la publicité sur le choix de l’école, avec l’application immédiate d’un principe de priorité absolue à la scolarisation de proximité, pour les enfants nouvellement scolarisés.

Sur la base d’une carte des écoles de proximité, chaque famille aura la garantie que son enfant pourra être scolarisé dans une école de quartier. Le système sera complété par un dispositif public solide d’accueil et de garde. Dans le même temps, nous continuerons d’exiger l’abolition de la loi Carle, qui organise la mort de l’école publique.

En ce qui concerne la restauration scolaire, nous réaffirmons notre attachement à des tarifs différenciés selon le quotient familial. Mais il faut revoir le système actuel pour soulager une grande majorité des familles modestes et moyennes du fardeau que représente aujourd’hui le paiement de la cantine. Nous nous engageons pour :

des baisses du coût des cantines: il est insupportable que les familles limougeaudes les plus modestes paient le tarif de cantine scolaire le plus élevé de toutes les villes de gauche à population équivalente2. A plus long terme, il faudra viser leur gratuité.

une restauration scolaire saine, alimentée en circuits courts et de proximité par les produits du maraichage périurbain ! Une restauration scolaire essentiellement bio est d’abord une exigence sociale pour permettre une alimentation saine de tous les enfants. Fournir une restauration scolaire significative (5 000 repas scolaires sont servis quotidiennement dans les cantines de la ville, 600 000 par an) assurerait un débouché stable, en circuits courts, pour des productions -et donc des emplois locaux- du maraîchage urbain et péri-urbain.

Enfin, pour ce qui est des rythmes scolaires, la mise en place de la réforme Peillon met les municipalités en 1ère ligne. Les difficultés sont liées au fait que dorénavant une part non négligeable du temps scolaire devient périscolaire et à la charge des collectivités territoriales.

En mars dernier, après un simulacre de concertation, le maire Alain Rodet et sa municipalité ont validé et organisé l’application de cette réforme qui dépasse largement dans son application les pires pronostics.

Résultats: les responsables éducatifs et les animateurs sont débordés, des activités sont remises aux calendes grecques ou inaccessibles à la grande majorité des enfants. Pour sortir de l’ornière, une seule voie possible il faut abroger le décret Peillon et le réécrire.

Et à Limoges :

nous suspendrons le dispositif actuel d’aménagement des rythmes scolaires en engageant une vraie concertation avec l’ensemble des personnels et des familles concernés afin d’envisager les besoins par école en articulation à la vie de quartier.

nous mènerons une réflexion sur le périscolaire liée à la réflexion sur l’accès à la culture, à la pratique sportive (dans ce cadre, il faudrait par exemple réfléchir aux moyens de parvenir à une maîtrise de la nage des enfants en fin de cycle primaire), etc.

nous recruterons les personnels statutaires (animateurs, ATSEM) nécessaires et des moyens pour leur formation, le rétablissement de ratios d’encadrement de 1 animateur pour 10 enfants en maternelle et 1 animateur pour 14 enfants en élémentaire et le refus du recours à des entreprises privées à l’école.

Par ailleurs, en ce qui concerne la petite enfance, aujourd’hui, c’est un véritable casse-tête à Limoges pour trouver un mode de garde pour son bébé. L’offre municipale actuelle n’est pas à la hauteur des besoins, ce que confirme une récente étude de l’INSEE Limousin3. En 2010, la commune comptait près de 4 800 enfants âgés de moins de 3 ans et il naît à Limoges environ 1 600 bébés chaque année d’une mère domiciliée à Limoges. Or actuellement en matière d’accueil collectif des jeunes enfants, la ville propose un peu plus de 700 places en établissements d’accueil collectifs municipaux, et moins de 300 en crèches privées soit un peu moins de 1 000 places au total. Ce qui représente autour de 20 places pour 100 enfants âgés de moins de 3 ans alors que la moyenne nationale est de 35 places dans les communes proposant un accueil collectif pour les enfants de moins de 3 ans4 !

Nous voulons un vrai service public municipal d’accueil de la petite enfance, un SPM social, démocratique et intégrant la dimension écologique, avec :

•  l’augmentation des capacités publiques d’accueil pour atteindre sur la mandature au moins la moyenne nationale. Permettre aux parents de disposer d’un service d’accueil non marchand, de qualité et de proximité, c’est soutenir leur pouvoir d’achat et les aider à vivre mieux. C’est aussi lutter concrètement contre le chômage en créant des emplois publics, stables, statutaires et de proximité, ouverts par concours réservés et concours externes à des travailleurs ayant déjà une expérience professionnelle et/ou à des jeunes sortants de formation.

la création d’un conseil de pilotage du Service Public Municipal, constitué de représentants des parents, des personnels et de leurs syndicats, et des élus. Les services publics municipaux ne doivent pas être des instruments aux mains de notables pour s’attacher une clientèle électorale ! Ce conseil devra notamment évaluer finement, dans la concertation la plus large avec les familles, les besoins  sur la ville et leur évolution, faire des propositions sur l’implantation et la localisation des crèches et halte-garderies, sur le type de structures publiques nécessaires pour répondre à la diversité des besoins des familles : plages horaires d’accueil, durée d’accueil …

1 . « Plus difficiles sans doute sont les situations où les maires n’ont pas sectorisé leur commune dans le premier degré. La mission l’a observé à… Limoges… ; la conséquence en est double et dommageable :

• d’abord, on voit se constituer dès le primaire des écoles extrêmement caractérisées socialement, personne ne veillant à l’équilibre des populations qui, ailleurs, est souvent la caractéristique du premier degré.…

• ensuite, il est évident que la question de la carte des collèges se joue dès l’amont, et que les élèves demanderont à aller dans le collège où va la majorité de leurs camarades. L’absence de référence à toute carte dans le premier degré a pour conséquence d’installer dans les esprits l’idée qu’il en va de même en collège (page 36) 

« Un autre exemple concerne un établissement du centre-ville de Limoges. Ce collège est le principal bénéficiaire des dérogations à l’échelle de la ville, gagnant beaucoup d’élèves, l’équivalent de deux divisions par niveau, principalement de CSP favorisées, ce qui lui permet de maintenir sa structure actuelle alors même que son secteur de recrutement connaît une démographie scolaire nettement décroissante. Or, cette situation, avec un fort taux de dérogations sur le secteur, ne semble pas inéluctable : un redécoupage de la carte scolaire, rattachant au secteur de ce collège, une partie du secteur d’un collège plus périphérique, mais en situation de forte pression démographique, résoudrait d’un seul coup les problèmes de l’un et de l’autre établissement du simple point de vue de la population scolaire. De manière surprenante, ni le conseil général ni la DASEN n’envisagent cette évolution, un accord tacite existant entre eux pour maintenir ce statu quo. La mission en est venue à l’expliquer par la volonté partagée de garder au centre- ville un établissement qui accueille principalement les classes favorisées, au détriment des autres établissements de la ville qui perdent élèves et mixité sociale in Conséquences des mesures d’assouplissement de la carte scolaire après 2007, Rapport de l’Inspection Générale de l’Éducation Nationale, Rapport n° 2013-037, Juin 2013

2 . Ainsi, pour la tranche la plus basse de revenus, à Toulouse, c’est la gratuité qui prévaut, (la mairie ayant de surcroît choisi de maintenir une cantine dans chaque école élémentaire et maternelle, pour éviter les transferts d’enfants), à La Rochelle le tarif le plus bas est de 0,10 €, à Clermond-Ferrand de 0,50 €, au Mans, de 0,57 €, à Amiens de 0,80 €…

3 . « Les besoins potentiels d’accueil d’enfants de moins de 4 ans apparaissent plus prégnants sur une zone qui s’étend du centre-ville jusqu’au Vigenal. » (« Disparités sociales au sein des villes du Limousin », Focal n° 84, Juillet 2012, Insee Limousin)

4 . Source: Quelle offre territoriale pour l’accueil des jeunes enfants ? L’e-ssentiel n° 127, Octobre 2012 (publication électronique de la CNAF)

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