Portrait de… Marie Labat

Notre liste est ouverte, plurielle, unitaire ! On y trouve, outre des candidat-es issu-es des formations du Front de Gauche, des écologistes de gauche, en dissidence d’EELV, des syndicalistes d’horizons divers, des militants associatifs… Elle associe des militants de longue date, mais aussi des citoyens dont c’est le premier engagement dans une campagne dynamique et chaleureuse. Qui sont-ils ? Qui sont-elles ces candidates ?

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Question: À l’heure où les listes font disparaître les logos de leur parti politique (ou se réclament de l’apolitisme), peux-tu dire en deux mots pourquoi tu as fait ce pas, souvent mal perçu ou compris, vers la « politique » ? En un mot, peux-tu expliquer ton engagement ?

Pour moi l’apolitisme est un leurre. Derrière cette idée se niche le « tous pourris » qui démobilise les citoyens en leur laissant croire que notre pays est gangrené. Gangréné par quoi ? La corruption, la malhonnêteté ? Le carriérisme ? Je reconnais que certains élus de certains partis de gouvernement le méritent. Mais je dois reconnaître aussi qu’à mes yeux, ceux qui véhiculent ce discours défaitiste n’ont pas fait l’effort de vérifier leurs accusations. Ils relaient les allégations d’une partie de la presse dominante qui s’amuse à jouer au petit jeu de la France en déclin. S’ils avaient vérifié, ils auraient constaté que les composantes du « Front de Gauche », par exemple, sont constituées de gens sincères, neufs en politique, qui veulent redonner ses couleurs aux grands principes de notre démocratie. Or, ces composantes travaillent: elles ne se réveillent pas pile au moment d’élections. Elles réfléchissent en profondeur aux chemins à suivre pour sortir la France de l’ornière écologique et sociale dans laquelle elle se trouve. Les partisans du « tous pourris » arrivent, la bouche en coeur à quelques mois des élections et ils ont alors tout à construire. Du coup, ils pondent des programmes assez creux, réinventant péniblement sans avoir le temps de l’approfondir, les têtes de chapitre que les citoyens engagés bien en amont des élections, ont eu le temps de creuser. Par ailleurs ils brouillent les cartes avec un « ni droite ni gauche » auquel je ne crois pas deux minutes. Il y a un fossé, que dis-je, une faille, entre les valeurs de la droite et de la gauche. Je pense donc que l’apolitisme peut certes être une bonne chose, s’il ramène des gens vers la politique, à condition que ce ne soit qu’un étape: l’étape nécessaire pour qu’ils se renseignent, réfléchissent sur leurs valeurs, et rejoignent ou fondent un parti qui leur permettra d’entrer dans le temps long de la politique. Sinon, leur expérience restera un coup éphémère, un coup pour rien.

Quelles raisons ont motivé ton appartenance à la liste « Limoges Terre de Gauche » ?

Je viens d’EELV et je milite pour la naissance d’une nouvelle force de gauche (puisque le PS a viré à droite), incluant tous les courants de gauche ayant le souci des urgences écologistes et de la justice sociale. Incapable, donc de me retrouver sur la liste d’Alain Rodet que je ne considère pas comme un socialiste (au sens pur du mot) ni comme un écologiste, j’ai rejoint le « Front de Gauche » où j’ai trouvé ce que je cherchais. Notre programme prend en compte tout ce qui me tient à cœur: si nous pouvions gagner les élections et donc l’appliquer, je suis convaincue qu’à un horizon de quelques années, Limoges deviendrait une ville vivante, foisonnante d’activités, parce qu’appliquer la transition écologique créerait un nombre impressionnant d’emplois. Par ailleurs, le lien social se reconstruirait, ce qui mettrait un terme à l’ambiance de méfiance et d’inquiétude qui gagne du terrain. Je crois que les gens savent que nous allons dans le mur, qu’ils en conçoivent une forme d’angoisse et qu’ils seraient très soulagés d’avoir des élus capables de faire face aux urgences sociales et environnementales qui sont déjà à nos portes. Les décideurs actuels font les autruches. Pis, ils s’agrippent au vieux système économique, alors qu’il détruit la nature mais aussi l’emploi. Il est grand temps que des gens courageux, lucides et soucieux du plus grand nombre leur succèdent.

Quelle proposition du programme « Limoges Terre de Gauche » soutiens-tu particulièrement ? 

La construction d’une éco-ville, constituées d’éco-quartiers: voilà ce qui me fait courir. Nous devons d’urgence mettre un terme au « tout voiture » qui détruit l’environnement tout en rendant les gens complètement fous. Il est devenu impossible, en quarante ans, de vivre sans voiture car nous avons tout segmenté: on dort là, on s’approvisionne ailleurs et on travaille encore ailleurs. Cette logique aberrante doit être inversée. ça prendra du temps : c’est pour cela qu’il faut commencer tout de suite. Les gens découvriront alors le « bien vivre » qui va avec la possibilité de tout faire dans son quartier : manger, dormir, travailler. On recommence à connaître les autres, on gagne en temps de sommeil et de loisir et… on fait de sacrées économies. Par ailleurs, on sauve l’environnement et on crée de nombreux emplois locaux. Je suis sidérée que les gens au pouvoir opposent une telle résistance à cette logique du bon sens. Pour tout dire, ça me scandalise.

Pourquoi, à ton avis, l’abstention a-t-elle gagné du terrain ces dernières années ?

Le chômage galope, les anciens voient leurs retraites régresser, la méfiance s’installe entres les générations, entre les blancs et les colorés et… les médias adorent mettre tout ça en avant, évitant soigneusement de montrer ce qui marche. Ces médias dominants ont, en cela, une lourde responsabilité. Je pense aussi que les citoyens se rendent compte qu’on les gruge: tout pour la finance et les riches qui sont de plus en plus riches, tandis qu’eux ont de plus en plus de mal à se chauffer, se loger, se déplacer et même se nourrir. Le souci, c’est qu’au lieu de se mettre en colère et de lutter, ils baissent les bras, se recroquevillent sur eux-mêmes et leurs familles et cessent de participer à la vie de la cité. J’espère de tout coeur qu’ils vont découvrir que nous existons, que nous défendons leurs intérêts et qu’ils nous rejoindront dans ce combat que nous menons et que nous pouvons tout à fait gagner: parce que rien n’est écrit d’avance. En effet, ce sont les hommes qui construisent la société, pas une entité abstraite qui déciderait à notre place. Notre slogan : « L’humain d’abord » résume un peu cela.

Penses-tu que l’enjeu des élections municipales soit uniquement local ?

Non, il est aussi national. En effet, c’est à Paris et Bruxelles que se décident une bonne partie des financements locaux que nos chers décideurs nationaux veulent sabrer. En votant pour le « Front de Gauche » à Limoges, on dit donc aussi non à cette politique du sommet qui favorise les puissants et se détourne du peuple.

Que souhaites-tu pour l’avenir ? A quoi ressemble la ville (le monde ?) que tu veux construire ?
Je souhaite un monde qui tourne le dos au « tout voiture » qui nous isole les uns des autres et bousille la planète, un monde recentré sur la solidarité, un monde d’entraide entre les générations, un monde dans lequel les voisins se connaissent de nouveau, mutualisent leurs moyens (outils, automobiles, gros électroménager), un monde qui reconnaît la sobriété comme une valeur et le lien social comme une priorité, en lieu et place de cette consommation imbécile qui crée de grosses inégalités et des frustrations, tout en détruisant le seul écosystème que nous ayons et sans lequel notre espèce ne survivra pas. Un monde qui ne laisse personne de côté et se dresse fièrement contre les prédateurs qui confisquent les richesses et, en plus, ont le culot de nous conduire droit dans le mur. Un monde dans lequel la paysannerie sera redevenue nombreuse et soucieuse de la perpétuation de la terre dont elle a la garde. Une paysannerie qui aura retrouvé son honneur et la fierté de nourrir la population avec des produits sains, au lieu de l’empoisonner honteusement. Ce monde est possible. J’ai beaucoup de mal avec les gens qui me traitent d’utopiste. Ainsi, souhaiter notre survie et notre « bien vivre » serait une utopie ? Pour moi, les utopistes sont les inconscients qui pensent qu’on ne peut vivre que dans la destruction, la consommation à outrance et le repli sur soi. Oui, ceux-là sont des utopistes, car ce mode de vie qu’ils croient seul possible nous conduit tout bonnement à la mort.

(2 commentaires)

  1. L’apolitisme vaste sujet? mais de quoi est il né cette conception du tous pourris? des désillusions de gouvernements de gauche qui a chaque fois qu’ils ont gouverné n’ont fait que faire progresser les idées les plus xénophobes en faisant une politique de droite favorisant toujours les plus gros et tuant les petites entreprises les petits commerces , ou encore privatisant a tour de bras ce qui devrait etre collectif.
    Que dire quand on voit le PC d’henin baumont se désengager d’une liste front de gauche au dernier moment face a une extrême droite de plus en plus dangereuse,que dire de l’absence d’impulsion de la part des partis politiques dits de gauche qui ne font rien pour développer les luttes dans les entreprises, voir les soutenir, cela ce sont des faits que des salariés lambda vivent hélas tous les jours et même quand on est de gauche on finit forcement par baisser les bras devant tant d’incompétence et d’incohérences. çà ce sont hélas des faits et le front de gauche ferait bien d’avoir une ligne vraiment claire, pas une ligne biscornue en fonction des municipalités….
    Une suggestion donc A quand une réunion sur les salaires dépendant des mairies, sur les logements sociaux trop chers, sur le mal logement et la chasse aux étrangers détestable de walls. pour çà aussi il y a de quoi faire.Je n’ai rien contre le tramlim mais en soit cela ne peut constituer tout un programme voila ma perception des choses et je trouve que vous mettez tout un pan de programme vraiment de gauche de coté.

    1. Tu traites plusieurs sujets à la fois du coup j’ai envie de te répondre en plusieurs bouts…

      1) Valls est d’extrême-droite, on est d’accord. Mais même une municipalité qui serait exactement sur ta longueur d’onde ne pourrait hélas pas faire grand chose contre la chasse aux étrangers du ministre de l’Intérieur hormis peut-être dans une poignée de cas concrets de personnes résidant dans la commune. Et je suis bien d’accord que c’est rageant.

      2) À Hénin-Baumont les gorets s’approchent de la mangeoire. Que la soupe leur sorte par les oreilles ! Mais je ne veux pas mettre aussi à la poubelle ceux des communistes qui sont restés fidèles à leur idéal. Tu ne peux pas les rendre responsables de la pourriture de leurs camarades. Et je regrette autant que toi que cela donne l’effet global d’une « ligne biscornue ».

      3) La désillusion devant les gouvernements de gauche est à l’origine du rejet très fort de la politique. On est bien d’accord. Et si je suis partant pour botter tous les culs fauxcialistes nous ne devons pas les confondre avec ceux qui se rebellent contre les gouvernements socio-libéraux.

      4) Développer les luttes dans les entreprises c’est le boulot des syndicats et pas des partis. Et on ne peut pas dire que les deux partis (Lutte Ouvrière et le NPA) qui ont tenté de le faire aient obtenu beaucoup de succès ! Réclamer que des partis fassent le boulot des syndicats c’est se résigner à accepter que les syndicats ne soient plus que des bureaucraties inutiles.

      5) Si je devais te faire un reproche ce serait de prêcher indirectement la résignation. Tu en balances plein la tête à… ceux qui se battent ! Il te faut comprendre que c’est difficile à encaisser. Chômeur non indemnisé, je me suis fait traiter de « bobo » parce que je me battais, par des gens qui jouissent de salaires confortables et d’emplois garantis. Je suis d’un naturel gentil mais j’ai eu bien envie de leur foutre mon poing dans la gueule… Garde ta volonté de te battre mais dirige-la contre le Medef et ses succursales UMP, PS et apparentés.

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