Portrait de… Daniel Clérembaux

Notre liste est ouverte, plurielle, unitaire ! On y trouve, outre des candidat-es issu-es des formations du Front de Gauche, des écologistes de gauche, en dissidence d’EELV, des syndicalistes d’horizons divers, des militants associatifs… Elle associe des militants de longue date, mais aussi des citoyens dont c’est le premier engagement dans une campagne dynamique et chaleureuse. Qui sont-elles ? Qui sont-ils ces candidats ?

arton772-28822À l’heure où les listes font disparaître les logos de leur parti politique (ou se réclament de l’apolitisme), peux-tu dire en deux mots pourquoi tu as fait ce pas, souvent mal perçu ou compris, vers la «politique» ? En un mot, peux-tu expliquer ton engagement ?

Lorsque j’étais enfant, j’ai été révolté parce que des ministres, un conseil d’administration avaient décidé de fermer un grand chantier naval de Normandie, et ainsi avaient sinistré une ville entière dans laquelle ma famille vivait depuis plusieurs générations. Plus tard, j’ai compris aussi pourquoi des hommes encore plus puissants, pouvaient chaque jour dépenser des millions de dollars à bombarder le peuple vietnamien qui voulait son indépendance. Très jeune j’ai compris aussi que des dictatures, au Chili, en Argentine qui n’avaient rien à envier au fascisme européen pouvaient toujours resurgir, même soutenues par ceux qui avaient organisé le débarquement du 6 juin 1944. Et puis j’ai eu la chance de connaître des militants de la LCR qui m’ont permis de comprendre que l’alternative au capitalisme, au colonialisme pouvait être autre chose que ce que je savais des pays qui vivaient sous le joug du stalinisme.

Il est impossible de lutter, de gagner face à de tels pouvoirs sans construire une force collective, sans règles et programmes discutés et partagés, sans valeurs morales fortes liant ses membres, sans volonté de rassembler.

Beaucoup de mots en politique ne veulent plus rien dire parce que ceux qui s’en revendiquent les ont déshonorés ou tout simplement ne peuvent assumer ce qu’ils sont vraiment devenus: le parti socialiste n’est plus socialiste, la droite n’est plus gaulliste, Europe Ecologie Les Verts s’éloigne chaque jour un peu de sa raison d’être. Il n’y a pour moi qu’un seul endroit aujourd’hui où des militants malgré leurs histoires différentes travaillent à redonner un sens aux mots Gauche, socialisme, communisme, anticapitalisme, écologie, unité c’est le Front de Gauche et j’espère que bientôt d’autres militants de la gauche du PS qui n’ont pas encore fait ce choix  nous rejoindront

• Quelles raisons ont motivé ton appartenance à la liste  » Limoges Terre de Gauche » ?

En 2008, avec la liste Limoges 100% à gauche nous avons réuni 7% des voix avec plus 3 200 bulletins en notre faveur. Pendant 6 années avec ma collègue Marie Eve Eyrolles, puis Aurélie Laurière, nous avons fait entendre une voix anti capitaliste et écologique au conseil municipal. Un conseil et des commissions totalement verrouillées par Alain Rodet, 15ème cumulard en France, et une bonne majorité de conseillers totalement caporalisés. Sans nous, il n’y aurait jamais eu de débat public sur l’aberration de construire un stade de 20 000 places au coût de 60 millions d’euros, sans nous les affaires du Calamity village, les délégations de services publics à Vert Marine, Vinci, Véolia n’auraient jamais été évoquées. Et puis pendant 6 ans nous avons proposé des politiques alternatives, la bataille pour la rénovation du POLLT contre la LGV, un festival de musiques actuelles…. Nous avons rendu public nos 240 interventions.

Aujourd’hui, le chemin que nous avons tracé à Limoges est emprunté par toutes les forces réunies du Front de gauche. C’est celui de l’indépendance avec les dirigeants du parti socialiste. C’est cela l’espoir à gauche, être présents dans les luttes sociales et dans les institutions, contester les choix libéraux et défendre les choix de l’avenir, la gratuité des transports, les services de proximité contre les grands travaux inutiles et ruineux (Grand stade, LGV etc..). Je suis 55ème, dernier de la liste pour dire aux électeurs de 2008, votez une nouvelle fois pour nous, et pour dire aux électeurs du parti socialiste ou écologistes déçus par Hollande, écœurés par « le système Rodet » ne vous abstenez pas, cela ne sert à rien. Si Limoges Terre de Gauche fait un score important dès le 23 mars, alors l’espoir sera au rendez vous pour nous tous.

• Quelle est la ou quelles sont les 2 ou 3 propositions du programme « Limoges Terre de Gauche » que tu soutiens particulièrement ?

Pour avoir été aux premiers rangs en commission des finances lorsque qu’Alain Rodet est rentré triomphant annonçant la relance du projet LGV Limoges Poitiers, l’arrêt de tout versement au gouffre financier et au désastre écologique du projet LGV est pour moi essentiel. Enfin, il faut maintenant comme nous l’avions demandé engager notre ville dans l’association « Urgence POLLT » pour défendre la modernisation de la ligne historique Paris Toulouse.

La seconde proposition que je soutiens est la gratuité des transports publics associée avec la création du Tram Lim. C’est l’occasion pour notre ville de s’inscrire positivement dans les enjeux du 21ème siècle, de donner à notre ville non pas l’image de « la belle endormie », mais celle d’une ville qui renoue avec la créativité de son mouvement social. Le projet de Tram Lim est porté et a été réactualisé par le syndicat CGT des cheminots.

Enfin, il faut arrêter la spéculation immobilière sur les terres agricoles, et dédier les réserves foncières qui le permettent pour développer une culture maraichère biologique de proximité et de qualité. La construction du Calamity Village a été de ce point de vue une catastrophe, qui démontre que les promesses d’aujourd’hui pour donner un look écolo à la majorité sortante ne valent rien. Ces zones maraichères permettraient d’alimenter en production locale et de qualité une partie de l’alimentation des écoles, foyers logements, maisons de retraite, collèges. C’est un tournant dans le mode développement qui limite les transports, permet un contrôle de proximité sur les productions etc…

• Pourquoi, à ton avis, l’abstention a-t-elle gagné du terrain ces dernières années ?

Cela est dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord quand les plus grandes formations politiques de droite comme de gauche ont promis alternativement de « réduire la fracture sociale », ou » le changement c’est maintenant » et que la situation sociale s’aggrave, c’est la désaffection dans les bureaux de vote, une désaffection qui touchent surtout les quartiers populaires mais aussi la jeunesse qui vote très peu. Si vous ajoutez à cela les conditions du « jeu » démocratique, cumul des mandats et  mandats à vie, proportionnelle réduite à la portion congrue, indemnités indécentes des grands élus  et puis les affaires à répétition…les moins conscients ne votent pas. Ils ont tort les élections cela fait partie du rapport de forces. Un Front de Gauche à 20% ou à 10% ce n’est pas la même chose.

• Penses-tu que l’enjeu des élections municipales soit uniquement local ?

Évidemment non ! Surtout dans les grandes villes dirigées par des maires qui cumulent avec un mandat de parlementaire ! C’est notre cas à Limoges. Il faut savoir que les communes sont dépendantes de l’État pour financer leur budget de fonctionnement par le biais des dotations nationales Une municipalité n’a pas le droit d’emprunter pour financer son fonctionnement. Cela signifie que si l’État baisse ses dotations, les impôts locaux vont augmenter et/ou les services publics vont diminuer. Pour 2014 et 2015 est programmée une baisse sans précédent des dotations: – 1,5 milliard chaque année. A l’Assemblée nationale notre député-maire a voté ces budgets d’austérité qu’il condamnait avec virulence quand c’était Sarkozy qui était à l’Élysée. Ce scrutin a donc une dimension nationale majeure. A Limoges, le bilan du maire sortant n’est pas bon, celui de Hollande est catastrophique, il n’y aura que notre bulletin pour tenir les deux bouts à gauche.

• Que souhaites-tu pour l’avenir ? A quoi ressemble la ville (le monde ?) que tu veux construire ?

Je voudrais que le mouvement syndical reprenne de la vigueur, reprenne la rue à la droite, à l’extrême droite qui prospère sur le désespoir et la xénophobie. Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement socialiste trahit ses engagements (vote de la guerre en 1914, non intervention en 1936  en Espagne, privatisations massives sous Jospin.. ). Cela confirme que le changement attendu de société ne viendra pas de ce côté. Je souhaite que nous soyons capables ici ou là, un jour, de gagner une majorité politique à nos idées et que nous puissions les mettre en œuvre même à l’échelle d’une grande ville, d’un département ou d’une région. Chaque conquête des éco socialistes doit être un encouragement pour changer notre société et protéger notre environnement menacé par l’économie capitaliste.

(1 commentaire)

    • Labat Marie on 14 mars 2014 at 21 h 56 min
    • Répondre

    Chapeau bas

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