Portrait de… Claude Toulet

Notre liste est ouverte, plurielle, unitaire ! On y trouve, outre des candidat-es issu-es des formations du Front de Gauche, des écologistes de gauche, en dissidence d’EELV, des syndicalistes d’horizons divers, des militants associatifs… Elle associe des militants de longue date, mais aussi des citoyens dont c’est le premier engagement dans une campagne dynamique et chaleureuse. Qui sont-ils ? Qui sont-elles ces candidates ?

Claude TouletA l’heure où les listes font disparaître les logos de leur parti politique (ou se réclament de l’apolitisme), peux-tu dire en deux mots pourquoi tu as fait ce pas, souvent mal perçu ou compris, vers la «politique» ? En un mot, peux-tu expliquer ton engagement ?

Mon engagement est de longue date, puisque j’ai adhéré au PCF en 1972 et que j’ai été plusieurs fois candidate aux élections cantonales (Limoges Puy-la-Rodas, Limoges-Cité, Limoges-Isle), législatives (1988, 1993, 1997, 2012), et élue municipale à Limoges (adjointe de 2001 à 2008).

Quelles raisons ont motivé ton appartenance à la liste « Limoges Terre de Gauche » ?

La constitution du Front de Gauche en 2008, après la campagne commune de 2005 contre le Traité constitutionnel européen, a été pour moi un grand ballon d’oxygène. Les régionales de 2010, sous l’étiquette « Limousin Terre de Gauche », ont concrétisé dans notre région cet espoir de travailler ensemble, militants de sensibilités voisines mais différentes, à un projet de transformation sociale, résolument antilibéral. Les cantonales de 2011, où j’ai fait équipe avec un représentant du NPA (Didier Faydi), puis les législatives de 2012 où mon suppléant (Roger Souteyrand) était membre du PG, ont inscrit cette démarche dans la durée. Ayant de plus goûté aux « joies » de la gestion hégémonique socialiste de Limoges, c’est tout naturellement que j’ai accepté de figurer sur la liste Limoges Terre de Gauche.

Quelle est la ou quelles sont les 2 ou 3 propositions du programme «Limoges Terre de Gauche » que tu soutiens particulièrement ?

J’apprécie tout particulièrement la proposition de gratuité des transports. Elle est juste du point de vue humain, social, écologique. Elle est réaliste parce que chiffrée sans démagogie. C’est une option politique tout comme l’est (hommage à la municipalité actuelle de Limoges) celle de préserver la gratuité de la lecture publique.

Autre proposition qui me tient à cœur, la démocratie participative, dont les actuels comités de quartier, du moins comme je les ai connus, ne donnent qu’un pâle reflet.

Pourquoi, à ton avis, l’abstention a-t-elle gagné du terrain ces dernières années ?

Elle a gagné du terrain à cause des déceptions, de la crise qui s’accentue, des renoncements et des promesses non tenues, mais aussi d’une image de la vie politique (« tous pareils, tous pourris ») dégradée. Une certaine presse, privilégiant les scandales ou les exemples de corruption, n’y est pas étrangère. Mais également la circulation de l’information par les nouveaux moyens de communication, qui sont en même temps des moyens formidables de connaissance et d’échange, mais permettent aussi, revers de la médaille, de véhiculer une idée déformée de la réalité s’ils sont utilisés de façon non distanciée. A titre d’exemple les « indiscrétions » sur les salaires mirobolants des élus, « oublient » les profits fantastiques des grands patrons et de la finance

Penses-tu que l’enjeu des élections municipales soit uniquement local ?

Bien sûr que non, du moins dans les villes grandes ou moyennes. La politique nationale conditionne la gestion municipale, voire ce que nous prépare l’acte 3 de la décentralisation. Certes on peut dire qu’à ce titre, toutes les villes sont logées à la même enseigne, encore que, lorsqu’on vote en tant que député des lois qui vont pénaliser les collectivités locales, on pratique nettement le grand écart.

Mais surtout, la démocratie locale, les choix en matière de logement, de transports, d’équipements et services publics, de gestion des équipements sont des choix politiques. Le maire de Limoges le sait bien, lui qui met en avant, à juste titre, la régie municipale des eaux et de l’assainissement. Que ne raisonne-t-il de même pour celle du centre aqua-récréatif ?

A titre de contre-exemple sur la prétendue neutralité de la gestion municipale, on peut citer les quelques villes conquises par le FN (Orange, Brignoles) où la casse de toute l’infrastructure sociale ne s’est pas fait attendre.

Que souhaites-tu pour l’avenir ? A quoi ressemble la ville (le monde ?) que tu veux construire ?

Vaste question. Pour le monde, avant de parler de le construire, il faudrait aujourd’hui s’employer à cesser de le détruire. Il est vrai que j’ai pu douter dans le passé de la réalité, surtout de la gravité des menaces sur l’environnement, qui mettent en cause l’avenir même de la planète. Aujourd’hui c’est incontestable et mon premier souhait est que la tendance s’inverse, s’il en est encore temps. Pour cela, il faut que les peuples prennent conscience, non seulement de l’enjeu, mais des causes profondes, essentiellement le productivisme à des fins de profit et d’accumulation financière.

C’est pourquoi la démocratie, une démocratie éclairée basée sur l’instruction, sur une information indépendante, est indispensable à tous les niveaux, y compris celui de la commune. Certes les décisions qui pèseront vraiment sur le cours des événements ne peuvent se prendre qu’aux plus hauts niveaux (national, européen, mondial) mais elles ne peuvent intervenir que sous la pression des mouvements d’opinion.

L’enjeu est de taille car ces derniers peuvent aussi, à la faveur de la crise, du désespoir, de la rage, être détournés au profit des pires fanatismes.

Alors, au risque d’une certaine grandiloquence, je dirais que le monde idéal serait pour moi un monde « des Lumières », mais pour tout un chacun et non seulement une élite intellectuelle.

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