Mai 2018

Embrassons-nous Folleville !

Après des années de déclarations tapageuses et de refus réitérés, le maire prône maintenant la transformation de l’Agglomération en Communauté urbaine (CU). « Embrassons-nous Folleville » est devenu soudain le nouveau slogan à la mode à la mairie. Les bans ont été publiés lors du dernier conseil municipal et le mariage sera célébré en grande pompe dans les mois à venir.

Qu’est ce qui a pu motiver aussi soudainement ce changement, comment comprendre ce revirement à 180 degrés ? La proximité des municipales de 2020, la crainte d’être sanctionné ont sans doute fait pencher la balance : plutôt manger son chapeau que d’apparaître comme l’éternel empêcheur de tourner en rond.

Et après ? En quoi ce passage sera-t-il profitable aux Limougeaudes et Limougeauds ? Permettra-t-il plus d’investissements pour notre ville pour plus d’équipements ? Limoges sera-telle davantage attractive alors qu’elle souffre terriblement de la perte de son statut de capitale régionale ? Cela permettra-t-il de compenser la baisse drastique des dotations de l’Etat ? En quoi le transfert de compétences à la future CU (après le Plan local d’urbanisme, le transport, le tourisme, le logement et en attendant l’eau et peut être l’abattoir) serait-il garant d’une gestion plus efficace? Pourquoi rogner avant terme les prérogatives de ceux qui ont été élus au suffrage universel en 2014 ? Les interrogations sont multiples face à un changement de cette ampleur.

Ces super concentrations de collectivités locales ne sont pas neutres et découlent d’une option politique de fond. Ce n’est pas de coopération librement choisie entre communes qu’il s’agit mais d’une concentration des pouvoirs systématisée, imposée d’en haut par incitations et contraintes financières. On efface ainsi les communes en éloignant les débats des citoyen.ne.s.

Ce changement nécessiterait pour le moins un débat au sein du conseil municipal et de la population. Rendre les armes, peut être, mais en toute connaissance de cause. Nous avons demandé la tenue d’un conseil municipal extraordinaire sur cette question. Il aurait permis d’éclairer les enjeux, de préciser les contours de ce que pourrait être un vrai projet de territoire, décidé en commun, dans la transparence et le respect des citoyens. Ce débat nous a été refusé, le maire nous demandant de signer un chèque en blanc pour mener les discussions avec l’agglo.

Nous ne l’acceptons pas : le passage en CU doit se décider devant vous, pas en conclave !

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