Gratuité : vive le débat citoyen !

Limoges Terre de Gauche veut ouvrir en grand les portes et les fenêtres de la démocratie participative. Nous entendons ranimer le débat public et l’engagement  dans la cité en (re)donnant enfin la parole aux citoyen-nes. C’est dans cet esprit que nous alimentons une rubrique « Controverses et débats ».
UnknownAinsi, la gratuité fait débat… Discutons-en !

Un citoyen, opposé à la gratuité des transports urbains, nous a écrit…

 

Pour poursuivre  le débat, rendez-vous

Mercredi 5 mars, à 20 h

salle Blanqui 3 (derrière la mairie)

 

« Je suis conducteur-receveur à la STCL depuis bien tôt 15 ans, pendant 12 ans j’étais ce qu’on appelle un bouche trou (quelqu’un qui fait toutes les lignes et tous les horaires) et j’ai côtoyé beaucoup de classes sociales différentes… La gratuité dans les transports est de nos jours une utopie. Différents exemples en France ont montré que ce qui devrait être une avancée s’est trouvé être un fiasco. […] Premièrement, la gratuité se fait par un transfert de charge du client vers un organisme d’état (mairie, agglo, communauté, etc…) et donc par une charge nouvelle au budget de celle-ci, compensée la plupart du temps par une hausse des impôts locaux. […] Deuxièmement, la gratuité n’apporte plus de devoirs mais que des droits. […] Pour que la gratuité fonctionne convenablement, il faut une société en phase avec elle-même, une population intégrée et respectueuse des règles. Ce n’est pas le cas de nos jours. L’individualisme étant trop répandu et mis en avant. […]

• Lire toute la lettre :

• La réponse de Gilbert Bernard:

J’ai bien reçu votre courrier […] Nous n’avons pas la même appréciation sur cette question mais je vous remercie de cette contribution car elle participe d’un débat que nous souhaitons pour notre part le plus large possible […]. Permettez-moi de répondre brièvement […] sur quelques points que vous soulignez:

• vous parlez de fiasco là où cette gratuité à été mis en place. Nous n’avons pas à l’évidence les mêmes sources. Nous avons regardé de près le bilan qui en a été tiré dans plusieurs villes de France ou d’Europe. Il est toujours reconnu positif par les habitants. A titre d’exemple je vous joins le bilan qui a été fait à Aubagne.

• Concernant le coût vous parlez d’augmentation des impôts. Ce n’est pas ainsi que nous financerons la gratuité mais en augmentant le taux de la redevance transport acquitté par les entreprises de plus de 9 salariés qui apporte aujourd’hui près de 75 % des recettes..[…] 

• Les chauffeurs, qui font un métier difficile comme je l’ai constaté moi-même, n’auront plus à délivrer de tickets ce qui allègera leur tâche et évitera sans doute bien des agressions verbales ou physiques. Par ailleurs les personnels dégagés du contrôle seront amenés à exercer d’autres fonctions comme par exemple la lutte contre les incivilités à l’intérieur des bus et trolleys.

• Chaque année l’agglomération de Limoges verse une subvention pour l’achat de matériels : je ne vois en quoi la gratuité empêcherait à l’avenir les investissements.[…]

Sachez que nous organisons un débat public sur cette question le mercredi 5 mars à 20 salle Blanqui à Limoges. Nous serions heureux de vous y accueillir pour poursuivre ce débat …

Dans l’attente je vous prie de recevoir mes amicales salutations.

• Lire toute la réponse

• Voir aussi : « L’hérésie joyeuse de la gratuité », Jean-Louis Sagot-Duvauroux, Libération, 26 février 2014

• Un reportage de France2, 24 Novembre 2011

(8 commentaires)

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  1. Tout d’abord je ne puis que vous remercier, vous conducteur-receveur de la STCL, d’oser écrire ouvertement votre opposition à la gratuité. Et d’avancer vos arguments contre cette gratuité des transports publics.

    Plutôt que de discuter de la gratuité des transports je préfère un débat beaucoup plus général sur la gratuité. En effet c’est un point bien oublié aujourd’hui mais cette gratuité a pourtant beaucoup préoccupé les esprits lorsque l’on a institué l’obligation scolaire au XIXe siècle. Au sujet de la gratuité de l’école, que n’a-t-on entendu alors sur la gabegie des fonds publics ou sur l’irrespect à prévoir d’une institution sans valeur puisque gratuite ? Vous seriez fort étonné de lire les propos tenus alors par les députés monarchistes contre le principe de la gratuité. Il faut dire que l’on sortait tout juste de l’obligation pour le soldat de payer son équipement !

    L’accès à la BFM est libre : même pas besoin d’une carte gratuite pour y entrer. Avez-vous entendu quelqu’un se plaindre que la BFM ou ses annexes décentralisées étaient des lieux où régnait le désordre ? Est-ce que les bibliothécaires viennent au boulot la peur au ventre ? L’emprunt de livres, disques ou vidéos est gratuit à la BFM. Avez-vous entendu les bibliothécaires se plaindre d’un vandalisme généralisé ?

    Quand on parle de gratuité, on touche à des questions culturelles. En France l’état-civil est gratuit et cela nous semble « naturel » alors qu’il est payant dans d’autres pays. Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’abus pour « profiter » de cet état-civil gratuit ? Oui, des gens ont déclaré des naissances imaginaires pour encaisser des allocs. Je me souviens avoir entendu un tel cas quand j’étais gosse mais vous m’accorderez que c’est resté rarissime…

    • Veytizoux Jean-Philippe on 5 mars 2014 at 10 h 44 min
    • Répondre

    Concernant le point précis des employés et des contrôleurs. Il me semble que l’absence de billeterie à bord réduira à néant les risques d’agression liés à la présence d’argent liquide embarqué. Concernant les contrôleurs, la gratuité ne remet pas en cause leur mission: l’école gratuite implique t-elle l’absence de surveillants dans les couloirs de nos collèges et de de nos lycées ? Bien sûr que non, monsieur CC a raison, l’incivilité cela existe, ne soyons pas angéliques!! Les contrôleurs doivent veiller à cela pour être d’ailleurs plus des contrôleurs d’incivilités que d’insolvabilité.Je rejoindrai également le contributeur précédent pour dire qu’à Limoges nous avons l’expérience de la lecture gratuite en réseau et donc une culture commune de la gratuité qui a déjà fait ses preuves.

  2. bonjour,
    suite à une distribution pour les élections devant l’école, j’ai eut vent que mon courrier avait été publié et avait suscité des réponses. Tan mieux.

    Pour avoir la gratuité dans les transports, il faut une FORTE volonté politique et donc y mettre TOUS les moyens nécessaires. Sachant que le retour en arrière sera pire (l’exemple de Chateauroux en est le meilleur exemple : refus de payer, agression verbales, etc..). Donc en tout 1er lieu : éduquer une bonne partie de la population (captive ou pas) qui utilise les trolleys et bus au respect des règles (actuelles seraient bien), ensuite respecter les personnels (Ah bon il y a quelqu’un qui conduit ?), respecter les véhicules mis à leur disposition et enfin respecter les personnes qui voyagent avec eux. Une fois fait, vous aurez fait 80% du plus dur. Ensuite vous pourrez penser à mettre en place la gratuité, en augmentant la taxe transport (payée par les entreprises) de façon honnête pour permettre le renouvellement du matériel, permettre les investissements qui ne cessent d’augmenter du fait de l’agrandissement du réseau, les augmentations de salaires, puis faire une refonte des postes dans l’entreprise pour affecter les vérificateurs à d’autres taches.

    Puis vous pourrez aider les gens à utiliser les transports : parc relai, pas de subventions de la mairie pour les parkings souterrains du centre ville, extension des rue piétonnes ou semi piétonnes, de vraies voies cyclables, de vrais couloirs bus, desservir les nouveaux lieux de vie avant que les gens n’achètent leur voiture faute de mieux.

    Merci 🙂

  3. Je voudrais ajouter un mot au sujet du respect. Pour changer d’angle de vue à ce sujet. Dans les bus de Limoges un panonceau officiel précise clairement que les passagers ne sont pas respectables. Les bus sont en effet « interdits aux poussettes » si elles ne sont pas pliées. Faudra que les couillons qui ont pondu une telle ânerie m’expliquent comment on plie une poussette avec un bébé dans les bras. Si les passagers étaient respectables, les poussettes utilisées normalement comme des poussettes seraient au contraire prioritaires…

    1. Sur les poussetttes, la connerie appelle la connerie; Je m’explique : Les personnes qui sous prétexte qu’elles ont un bébé prennent un poussettes pour la remplir de courses et gardent le bébés dans les bras. Les poussettes non pliables encombrent les couloirs des bus et trolleys empêchant le passages, multiplier cela par 3 ou 4 comme je les vécu et plus personnes ne peux bouger. Mais le plus grave c’est quand le bébé est dans la poussette et les sacs de courses accrochés aux poignées, au premier virage ou même coup de frein la poussette se cabre et nous avons eut le cas ou il a fallu les pompiers car le bébé avait été touché à la tête. Donc oui on en demande beaucoup mais pour mieux se protéger des inconscients qui n’écoute pas nos recommandations. N’oublier pas que nous sommes sous le coup de la loi (trou de mémoire) qui nous rend responsable de tout incident/accident qui touche (au sens propre) nos véhicules et que la direction tend de + en + à ne pas nous couvrir.

    • Jean-Philippe VEYTIZOUX on 17 mars 2014 at 17 h 12 min
    • Répondre

    Le respect est aussi lié à la fonction du transport. A Limoges, le réseau STCL est à bien des égards un transport scolaire qui ne veut pas dire son nom!! et donc, on peut y trouver des comportements de jeunes scolaires qui prennent un car scolaire pour la sortie avec le prof. L’enseignant que je suis pourra vous dire que l’effet de groupe chez de grands adolescents n’est pas qu’une vue de l’esprit et oui des fois c’est un peu pénible. Mais la gratuité et l’effet escompté d’augmentation du trafic aura pour conséquence de diluer la proportion des scolaires dans les bus et trolley et de rompre cet « entre soi » un peu bruyant et excessif . Si on ajoute à cela la fin de la ridicule règle des poussettes et donc l’augmentation du trafic avec de nouveaux publics, cela amplifiera le phénomène.

  4. Bonsoir, le débat est relancé par votre arrivé dans la majorité municipale et votre coup de génie d’imposer à quelqu’un qui n’en parler pas la gratuité des transports public de l’agglo pour fin 2016.

    Toujours à titre personnel, il y a 300 personnes qui attendent des arguments et des pistes pour connaitre leur avenir dans ce corps de métier. Notamment les moyens , les objectifs et la prise en compte de la réalité. Il va falloir discuter avec eux, les rassurer (sûrement), et leurs prouver que ce schéma tient la route. A condition que la gratuité soie la finalité et non le début du plan d’action. En clair, il y a plein de choses a faire en amont pour arriver à la gratuité.

    Nous allons surement nous écrire encore quelques fois……

    1. C’est bien plus fort encore… Le rapport des forces issu des urnes nous a permis d’imposer la gratuité dans les transports sans entrer dans la majorité municipale: nous n’apportons bien évidemment aucun soutien à la politique municipale d’A. Rodet. Nous n’avons, nous, pris aucun engagement d’aucune sorte vis-à-vis du maire sortant. Nous gardons notre totale liberté de vote, d’expression, et d’action sur tous les sujets, dans tous les domaines, avec comme seule boussole notre programme. Et nous incarnerons ainsi l’opposition de gauche au sein du conseil municipal.
      Et il va de soit, en ce qui concerne la mise en œuvre de la gratuité, qu’elle doit se faire dans la concertation la plus large, avec les personnels notamment.

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