Conseil Municipal du 11 février 2015

fusilles-14-18Le conseil municipal du 11 février 2015 s’est ouvert sur une annonce étonnante. Le voeu présenté par le groupe Limoges Terre de Gauche ne serait pas soumis au vote. Refusé, tout simplement, par Monsieur Lombertie. La raison évoquée est que le sujet ne concernait pas directement la vie communale. Ce voeu proposait que la ville de Limoges se prononce pour la réhabilitation des « fusillés pour l’exemple » de la 1ère guerre mondiale, parmi lesquels on comptait 4 limougeauds (lire le texte). Gilbert Bernard a fait remarquer que le Conseil Municipal s’honorerait à demander cette réhabilitation. Il n’a pas obtenu de réponse.
Voici donc la nouvelle méthode de la majorité municipale : traiter par le mépris les voeux qui ne concerne pas directement, selon elle, les affaires de la ville. On se souvient que cette majorité s’était abstenue sur le voeu concernant le traité transatlantique (TAFTA), arguant que les traités internationaux n’étaient pas du ressort de la municipalité. Comment nier, pourtant, qu’un tel traité aura des répercussions importantes, voire catastrophiques sur les politiques locales ? On se souvient également que ce voeu avait été refusé à cause du vote contre, et finalement majoritaire du groupe socialiste. Proposer ce genre de voeu a le mérite de permettre à chaque groupe politique de dévoiler sa position. Cela ne sera donc plus possible, Monsieur Lombertie, après s’être présenté comme un parangon de démocratie, préfére botter en touche.
Ceci n’empêchera pas le groupe Limoges Terre de Gauche de continer à proposer des voeux susceptibles d’élargir le débat municipal, en espérant que ceux-ci soient soumis au vote. S’il ne le sont pas, chacun pourra malgré tout en tirer quelques conclusions.

Constitution des conseils de quartiers : la démocratie surveillée.
parole-blankIl était demandé au CM d’approuver le projet de règlement intérieur sur les conseils de quartier.
Le groupe socialiste a fait quelques remarques, affirmant que ces conseils existaient déjà sous une forme quelque peu différente durant les mandatures précédentes, et doutant de l’efficacité de ces mairies décentralisées.
Gilbert Bernard est intervenu sur ce sujet. La constitution de conseils de quartier est une idée que le groupe Limoges TDG ne peut qu’approuver si le but en est de développer la démocratie de proximité. On aurait pu imaginer des budgets participatifs, des referendums locaux, un observatoire des engagements…
Ce n’est hélas pas la voie qui est prise. Plus se définit le contour de ces nouveaux conseils, plus on peut douter qu’une envie de démocratie en soit la motivation première. Premier hic : la moitié des « conseillers de quartiers » sera choisie par la majorité municipale. Ensuite, les participants à ces conseils seront tenus à une stricte « neutralité politique ». Reste à savoir quel sens M. Lombertie donne au mot « politique ». Une rapide recherche étymologique permettra à chacun de constater que ce mot signifie « qui concerne le citoyen ». Si l’on s’en tient à ce sens premier, les sujets autorisés lors de ces conseils municipaux décentralisés risquent d’être rares. De quoi diable pourra-t-on parler ? Gageons que cette exigence d’une « stricte neutralité » a un autre but : celui de couper court à toute critique des décisions de l’actuelle majorité, élue grâce aux mécanismes d’une démocratie dite « représentative ».
Le groupe Limoges TDG s’est donc abstenu sur le vote de ce règlement intérieur.

Commission de « soutien aux associations »
Le titre peut sembler engageant et laisser penser que la municipalité aurait l’intention de renforcer son soutien au monde associatif. On apprend cependant que M. Lombertie, se reposant sur la charte Anticor (qui exige que l’exécutif accorde des présedences de commissions aux groupes minoritaires), a décidé de donner la présidence ce cette commission à un membre du FN. Quand on connait la sympathie que le FN éprouve pour les associations, notamment culturelles, ce choix s’apparente plus à un gage politique donné à ce parti qu’au simple respect de la charte Anticor. Frédéric Chalangeas est intervenu à ce sujet. Le groupe Limoges TDG, résolument favorable à la création d’une commission qui permette toute la transparence sur le financement des associations est tout aussi résolument opposé à ce que la présidence de cette commission soit attribuée au Front national, et s’est donc abstenu sur cette délibération.

Centre communal d’action sociale (CCAS)
Les futurs membres du CCAS devaient être élu-e-s lors de ce conseil municipal. Le groupe Limoges TDG n’étant pas mathématiquement habilité à présenter un candidat, n’a donc pas participé au vote. Gilbert Bernard a fait remarquer qu’il ne s’agissait pas d’une réelle représentation proportionnelle. Les lois sont ainsi faites… Remarquons que de nombreuse communes laissent par principe une place au CCAS à chaque groupe minoritaire, bien que ce ne soit pas une obligation légale.

Débat d’orientation budgétaire
dobLe gros morceau de ce conseil municipal. Un festival de camemberts graphiques. « Bataille de chiffres et de vision », a-t-on pu lire dans la presse. On aurait pu penser que ce débat allait être l’occasion d’âpres affrontements idéologiques entre la nouvelle et l’ancienne majorité. C’est plutôt à une guerre des comptables que nous avons assistés. Les uns brandirent un « rapport Knopfler » démontrant que la gestion de l’ancienne majorité menait la ville à la catastrophe, les autres dégainèrent un rapport de la Cour Régionale des Comptes affirmant le contraire.

Nul débat ou désaccord de fond, en revanche, sur la source principale des actuels problèmes budgétaires, à savoir les baisses drastiques des dotations de l’Etat. Ces baisses ont été régulièrement amplifiées par l’actuel comme par les précédents gouvernements. Loi de finance, plan de stabilité… une baisse de 3 millions d’Euros est annoncée pour 2015, 9 millions d’ici 2017… En résumé, on peut nommer ceci l’austérité, principe accepté par toutes les composantes politiques du CM de Limoges, hormis Limoges TDG.

Fort de son rapport Knopfler, et après une longue énumération (encore…) des travaux non effectués prouvant l’état de décrépitude du patrimoine limougeaud, M. Lombertie a pu glisser sous le tapis ses promesses de campagne et sortir l’une des armes favorites de la droite : la limitation du service public au profit du secteur marchand. En d’autres termes « faire payer l’usager ». Une logique dénoncée par Danielle Soury, qui s’est également étonné qu’à aucun moment les études consacrées au barreau LGV Poitiers/Limoges ne soient remises en cause dans ce débat d’orientation budgétaire. Le train des riches… autre élément du tronc commun de ceux qui s’accordent sur la nécessité de l’austérité.

Tarif des garderies
gratuite periscolaireM. Laffont a annoncé fièrement la baisse du tarif des garderies interclasses (service qui, rappelons-le, était gratuit auparavant). Cette baisse cache une réalité moins reluisante. Sur 47 établissement scolaires, seuls 8 continueront à fournir ce service de garderie, les autres n’ayant pas atteint le quota réclamé de 8 enfants. Lire à ce sujet l’intervention de Frédéric Chalangeas. On peut d’une part déplorer que le recensement de ces enfants n’ait eu lieu qu’après la mise en place de la facturation des garderies. Ne pas pouvoir payer pour un service ne signifie pas que l’on n’en a pas besoin. D’autre part, qu’est-il prévu pour les enfants ainsi touchés par la suppression de leur garderie ? M. Laffont n’a pas apporté de réponse à ce sujet.

La création d’une chaire d’excellence sur la thématique de la perte d’autonomie a également été le sujet d’une délibération sur laquelle le groupe Limoges TDG a voté contre. «  »Les Fondations universitaires, c’est de fait, mettre l’indépendance des chercheurs sous tutelle d’intérêts particuliers » dira Gilbert Bernard au cours de son intervention.

Une intervention sur l’enseignement de la natation dans les écoles a été l’occasion pour Frédéric Chalangeas d’interroger le Maire sur un état de fait constaté par par nombre de nos concitoyens : certaines piscines du centre ville seraient fermées durant les WE. La réponse fut que celles-ci n’étaient pas fermées, mais réservées aux clubs sportifs… ce qui permettrait aux adhérents de ces clubs de rentrer chez eux moins tard, les soirs de semaine.
Parallèlement, nous apprenons que les activités du samedi à la piscine des Casseaux (cours de natation, aquagym, etc…) seraient supprimées à partir du mois de mars. Une pétition à été lancée à ce sujet.
Les usagers désirant pratiquer la nation le WE sont donc désormais priés d’utiliser le nouveau Centre aqua-récréatif, géré par la fameuse société Vert-marine.

On voit maintenant la logique d’ensemble de la majorité municipale : des usagers qui payent, les citoyens privés de services de proximités (piscines du centre ville) et obligés d’utiliser les méga-structures prévues par la mandature précédente. Scenario « au fil de l’eau »  est le terme choisi par l’actuelle majorité pour dénoncer la gestion de l’ancienne. On pourrait lui rétorquer qu’avec ces nouvelles mesures, la recherche de nouvelles « pistes de facturation », ainsi que la poursuite du financement des études du projet de LGV Poitiers-Limoges, l’austérité municipale et maintenant sur les rails.

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