CM du 8 juillet 2014 : caserne Marceau

Intervention de Frédéric Chalangeas

 

Ce n’est pas parce que c’est écrit dans le Populaire, que c’est forcément démocratique.

C’est dans l’édition du 27 juin dernier du Populaire du Centre que l’on a appris que la caserne Marceau allait servir dans un premier temps de…caserne, ce qui est bien pratique puisque cela évite de se poser des questions sur l’insertion de ce terrain dans l’environnement municipal, et surtout cela évite de poser la question aux habitant-e-s du quartier qui pourraient s’y intéresser.

Pour mémoire, le groupe de la Gauche Anticapitaliste et Ecologique avait envoyé à tous les habitants du quartier Carnot un questionnaire leur proposant d’émettre un avis sur l’utilisation de cette caserne. Un exercice simple de démocratie directe, peut-être aussi performant et certainement moins cher que certaines études.

Un grand nombre de personnes ont répondu à ce questionnaire, dans un premier temps pour dire qu’elles étaient tout bonnement satisfaites qu’on leur demande leur avis. Etonnant non ? Dans un deuxième temps, ce ne sont pas des questions de sécurité qui ont traversé l’esprit des gens, on n’a pas vraiment l’impression d’être dans « un quartier un peu difficile » comme l’a affirmé Monsieur le Maire, ce sont des questions de « vivre ensemble » qui sont apparues comme étant les plus importantes. De nouveaux logements sociaux pourquoi pas, des commerces de proximité, une crèche, un lieu d’accueil pour les jeunes ou pour les associations, un centre de santé ? Bref, ce qui est important dans l’histoire, c’est que les habitant-e-s d’un quartier, quel qu’il soit, lorsqu’ils sont réellement consultés, ce n’est pas la peur du voisin qui prédomine chez eux, mais bien au contraire la volonté d’y vivre au mieux toutes et tous ensembles, et ce n’est pas en le stigmatisant, en faisant comme premier choix de développement l’installation de la police qu’on y parviendra.

Si pour apporter un « sentiment de paix et de sécurité dans un quartier », il suffit de remplir une caserne de policiers, municipaux ou autres, il ne reste plus qu’à en faire construire de nouvelles aux quatre coins de la ville, et pourquoi pas, à titre préventif, reconstruire des murs pour délimiter le contour de celle-ci. L’effet sera joli et permettra, dans les années à venir, de faire des feux d’artifice sur les remparts de la ville (et pour payer les feux d’artifice, on n’aura qu’à réduire le budget acquisition de la Médiathèque, par exemple).

Mais je m’égare.

En tout cas, on voit clairement dans cette décision un choix politique : 250 000 euros d’études ont été déboursés, non pas pour voir ce que l’on pourrait faire globalement de cette caserne, mais simplement pour voir la possibilité d’une installation future de la police municipale…

Au sujet de celle-ci, bien évidemment, vous respectez vos engagements de campagne : plus de policiers municipaux, avec des missions qui vont évoluer.

Ce qui nous interroge le plus, c’est la question de la réaffectation de postes. En effet dans la délibération qui nous est proposée ce soir, on parle de redéploiement de supports budgétaires à l’occasion de départs en retraite. Il y a donc des postes de fonctionnaires territoriaux qui avaient peu ou pas d’utilité puisqu’on peut les réaffecter à des postes de policiers municipaux ! Mais où sont ces postes ? Comment va s’effectuer le choix ?

Par ailleurs, si les missions d’une police municipale sont celles de prévention et de surveillance du bon ordre, de la tranquillité, de la sécurité et de la salubrité publiques, comme l’indiquent les textes officiels, on se demande bien comment et pourquoi les étendre ?

Un dernier point : dans la délibération qui nous est présentée, on associe policiers municipaux, médiateurs et correspondants de soirée. Vous vous doutez bien que pour Limoges-Terre de Gauche, ces différents postes ne sauraient être mélangés, surtout lorsqu’on ne sait pas ce que vous souhaitez faire d’une police municipale dont le travail était jusqu’à présent satisfaisant !

Parce que les emplois d’adultes relais, d’agents titulaires, d’emplois d’avenir et ceux des correspondants de soirée sont des postes nouveaux, et afin qu’on ne nous taxe pas d’être contre l’emploi, nous nous abstiendrons donc sur ce point.

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