CM du 31 mai 2018 – Projet Régional de Santé

Sur le Projet Régional Santé 2018-2028

Intervention de Gilbert Bernard

Disons-le d’emblée pas facile pour un néophyte des questions de santé de s’y retrouver à la lecture des quelques 300 pages de ce plan régional de santé 2018-2028. J’ai connu document plus digeste même si je peux comprendre que l’importance du sujet, la complexité et la multiplicité des problématiques à traiter, la large concertation menée justifient in fine l’épaisseur du document.

Comment l’aborder ? Nous regrettons en premier lieu qu’aucune évaluation n’ait été communiquée sur le précédent PRS. Il aurait en effet été intéressant de voir si les objectifs ont été atteints ou pas et pourquoi : cela aurait nourri la réflexion sur l’écriture du plan 2018-2028. Pour en revenir au PRS 2018-2028 et à la synthèse proposée par la délibération qui nous est soumise on pourrait être tenté de donner un blanc-seing à l’ARS. Comment en effet ne pas partager les orientations et les objectifs énoncés ? «Organiser un système de santé de qualité accessible à tous » « garantir la qualité, la sécurité et la pertinence des prises en charge » « promouvoir un accès équitable à la santé sur les territoires », « renforcer la démocratie sanitaire » … qui pourrait s’opposer à ces intentions fort louables ?

Et pourtant il y a un « mais ». Ce « mais » concerne l’adéquation entre les objectifs affichés et les moyens, en particulier les moyens humains dont il n’est quasiment jamais question. Mais où sont les soignants et leur expertise dans ce texte ?   L’apparente neutralité méthodologique affichée par le PRS masque fort opportunément ce fait. Alors que le diagnostic montre des besoins supplémentaires de manière criante il occulte le fait que les différentes réformes menées ces 20 dernières années par les gouvernements successifs en matière de santé (enveloppe fermée des dépenses de santé, convergence tarifaire destinée à favoriser l’hospitalisation privée, tarification à l’activité (T2A), la mise en place autoritaire des groupements hospitaliers de territoires, etc.) n’ont eu de cesse que de creuser les inégalités sociales et territoriales d’accès aux soins pour nos concitoyens. En attestent les mobilisations qui se multiplient depuis plusieurs mois dans tout le pays autour de la défense des hôpitaux publics, EHPAD, maternités, services de psychiatrie, d’urgences. En atteste également le vœu validé par ce même conseil municipal le 3 avril dernier qui déplore la suppression de 101 lits en 2018…

Ce nouveau PRS ne constitue ni plus ni moins au final qu’une déclinaison régionale des orientations nationales déterminées par le gouvernement, dont le cadre imposé promeut désormais la responsabilité individuelle au détriment de la prise en charge collective, tout en accentuant une fois de plus l’austérité budgétaire et la réduction dogmatique des dépenses de santé. Cela est d’ailleurs dit explicitement Michel Laforcade le directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine en introduction du cadre d’orientation stratégique : «  ce document fixe le cap à 10 ans de la politique régionale de santé en Nouvelle aquitaine en cohérence avec la stratégie nationale de santé ». Tout est dit…

Dès lors les grands principes évoqués de réduction des inégalités, de résorption des disparités, de solidarités et prévention accrue, de réponse de proximité, de démocratie de la santé, etc. auxquels nous pourrions souscrire aisément ne sont que poudre aux yeux au vu de la faiblesse des ressources financières allouées.

Nous proposons un avis défavorable sur ce PRS.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.