CM du 28 avril 2015 – Carte scolaire

ntervention de Danielle Soury (groupe Limoges Terre de Gauche) sur la carte scolaire et les procédures d’inscription dans les écoles

5 classes fermées, 7 postes de maîtres supprimés ! Voilà ce que nous propose le ministère de l’éducation nationale pour la prochaine rentrée scolaire à Limoges. Des parents, des enseignants, des organisations syndicales, des citoyens se mobilisent à Corgnac, à la Bastide, et ailleurs…. contre ces mauvais coups. Notre groupe leur apporte son total soutien.

Voilà bien les conséquences directes de l’obsession du gouvernement à réduire la dépense publique. Il faut « redéployer » disent-ils: en clair, pour tenter d’habiller Paul, on déshabille largement Pierre… en mettant tout le monde dans plus de difficultés: des absences de maîtres de moins en moins remplacées, plus de classes surchargées, plus d’inégalités à l’école avec des RASED encore affaiblis,… ! Non l’école n’ira pas mieux en augmentant les effectifs par classe, et en réduisant un taux d’encadrement qui est déjà en Haute-Vienne un des plus bas de France.

De ce point de vue nous avons plusieurs questions :

1) concernant l’accueil des enfants de moins de 3 ans: avant que François Hollande et son gouvernement ne massacrent encore un peu plus l’école de la République par la prétendue loi de refondation de 2013, des éducateurs jeunes enfants (EJE) participaient à l’accueil des moins de 3 ans dans nos écoles. La municipalité a décidé de les supprimer au motif qu’il n’y aurait pas les moyens d’en implanter dans toutes les écoles. Au cours de l’audience du 16 avril sur les questions scolaires, vous avez refusé la proposition faite par des représentants syndicaux de remplacer ces EJE par des ATSEM volontaires et formées en procédant à tous les recrutements nécessaires pour faire face aux besoins, notamment de remplacements. Refus au sempiternel motif qu’il n’y aurait pas les moyens ! Pas d’argent dites-vous… A voir ! G. Bernard vient de rappeler que depuis votre arrivée, vous avez su trouver rubis sur l’ongle 300 000 € complémentaires pour financer l’aéroport de Bellegarde. On a appris lors de la dernière réunion de la commission des finances, que le maintien sous perfusion publique financière de la ligne aérienne Limoges-Lyon coûte 250 000 € par mois à nos collectivités locales ! Et il n’y aurait pas d’argent pour l’école ? De l’argent, à l’évidence, il y en a. La seule vraie question étant : comment choisit-on de l’utiliser ?

2) la municipalité a repris la main sur les procédures d’inscription, revenant ainsi dans le cadre légal. Fort bien. Mais comment le nombre d’enfants dans une école et dans chaque classe est-il défini ? Quels sont les critères d’inscription ? Pourquoi refusez-vous la sectorisation, seule procédure qui garantirait des critères d’affectation transparents et conformes à l’égalité républicaine ? On ne peut que s’interroger…

En fait, une telle procédure ne vous donne-t-elle pas les moyens d’organiser l’augmentation des effectifs par classe ? On sait qu’actuellement, à Limoges, pour parler le langage des obsédés de la règle à calcul « le taux de remplissage des écoles » n’est « que de 80 % ». Que ce serait bien de monter à près de 100 %: aucune classe à moins de 29-30 élèves, y compris en maternelle, c’est du même coup avoir moins de classes donc moins de locaux, moins d’ATSEM,…  et moins de dépenses de fonctionnement ! On sait que de son côté l’inspection académique est atteinte de la même obsession concernant la chasse aux postes de maîtres… 

N’êtes-vous donc pas en réalité en train de gérer bras dessus-bras dessous avec l’Inspection Académique, l’austérité à l’école, que vous faites par ailleurs bien mollement mine de contester ? Programmant ainsi à terme la fermeture des écoles les plus petites, avec au passage pour les parents, un durcissement très net des procédures de changement d’école en cours d’année, en cas de déménagement, de changement de situations familiales… Ainsi par exemple, faute de sectorisation, une famille qui arriverait à Limoges en cours d’année scolaire (ou qui déménagerait) et qui souhaiterait inscrire ses enfants dans son quartier, se verrait refuser cette inscription si cette école était « saturée » et devrait trouver à l’autre bout de la ville une école où des places seraient encore disponibles… 

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