Oct 03

CM du 28-09-2016 – Schéma de Mutualisation des Services

INTERVENTION DE GILBERT BERNARD SUR LE PROJET DE MUTUALISATION DES SERVICES

Nous ne sommes pas dupes : aujourd’hui, avec cette délibération portant sur le projet de mutualisation de services entre agglo et communes la composant, nous sommes en réalité dans une nouvelle étape de la guerre de tranchée entamée au lendemain du scrutin de 2014 entre le maire de Limoges et le Président de l’agglo. Guerre de tranchée pour savoir qui aura le pouvoir. C’est un nouvel épisode de « Iznogoud, celui qui voulait être calife à la place du calife » pour renvoyer à la célèbre BD de Gosciny et Tabary…

Vous nous proposez d’émettre un avis défavorable à ce projet de mutualisation. Nous suivrons cet avis mais sans doute pas pour les mêmes raisons que vous. Si nous pouvons être d’accord avec certains des arguments que vous avancez (la précipitation, la concertation insuffisante, les incertitudes financières, l’inquiétude des agents …) il reste que sur le fond et quoique vous en disiez, vous approuvez la transformation de la communauté d’agglo en communauté urbaine et vous finirez par nous proposer de la voter j’en prends le pari. Et c’est là que nous divergeons.

Pourquoi ? Parce que pour nous la mise en place de la communauté urbaine c’est une nouvelle étape dans la mort programmée de notre commune. Elle va ainsi perdre de nouvelles compétences. Aujourd’hui même nous allons transférer à l’agglo « Limoges Habitat », ce sera ensuite le tourisme en début d’année prochaine ce sera le tourisme, puis le PLU et en 2020 l’eau. A terme que restera-il à la ville ? Rien ou pas grand-chose …

Par ailleurs sa dilution dans un espace géographique et institutionnel plus vaste va mettre à mal la démocratie locale. On reproche souvent aux élus d’être coupés des habitants, d’avoir perdu le contact avec les réalités du terrain. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut renouer avec la démocratie de proximité, trouver les outils pour dialoguer et associer les citoyens aux décisions qui engagent leur avenir et celui de leurs enfants. Or que fait-on dans le même temps ? On met en place une architecture institutionnelle qui éloigne encore plus l’élu du citoyen.

Je vous appelle à réfléchir sur ces aspects au lendemain de la mise en place des grandes régions. On commence en effet à mesurer combien la distance qu’elle a instauré entre les élus et la population est préjudiciable au bon fonctionnement de cette collectivité, combien elle a renforcé la centralité du pouvoir pour ne pas dire son accaparement par un petit cercle.

Ces risques là nous y sommes confrontés avec la communauté urbaine. Les ambitions des uns et des autres, leur cécité parfois, conduisent à cette marche forcée vers un nouveau mastodonte institutionnel. Nous le regrettons : nous aurions pour notre part préféré des coopérations librement consenties entre les communes, à des conventions passées pour la réalisation et le fonctionnement de grands équipements structurants.

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