CM du 25 juin 2015 : sécurité et prévention

SUR LE PLAN LOCAL DE SECURITE ET DE PREVENTION DE LA DELINQUANCE

Intervention de Gilbert Bernard

Comme souvent dans un document contractuel, ce plan local de sécurité et de prévention de la délinquance 2015-2020 est un empilement de recommandations et de dispositifs dont la cohérence ne saute pas aux yeux. Chacun des partenaires signataires à sa propre vision, ses propres objectifs et dégager des points communs a sans doute été tâche complexe, d’où cette impression au final d’un document un peu fourre-tout mais où chacun pourra revendiquer sa part.

On peut partager les trois objectifs majeurs du document. Qui serait contre l’amélioration de la tranquilité publique, la prévention de la délinquance, la lutte contre les violences intrafamiliales et celle faites aux femmes? Personne bien sûr. C’est sur les moyens pour y parvenir que les divergences entre-nous sont grandes.

Depuis un an vous n’avez cessé de mettre en avant les problèmes d’insécurité supposés en augmentation constante sur la ville pour mettre en oeuvre une politique musclée (arrêtés antimendicité et antiprostitution, recrutement de policiers municipaux …). Est-elle vraiment justifiée par les chiffres et les analyses fournis par le document? A l’évidence non. Je vous invite à vous reporter aux pages 13 et 14 qui fournissent les conclusions suivantes :

  • cambriolages en légère baisse en 2014
  • dans les quartiers beaucoup de conflits de voisinage et de nuisances sonores et occupations des halls d’immeubles
  • hausse des vols de deux roues et des dégradations légères
  • hausse des atteintes volontaires à l’intégrité physique liées à des violences conjugales et des vols avec violence
  • délinquance des mineurs en baisse en 2014

On est quand même loin d’après les propres conclusions de la police de la « cité de la peur » que certaines veulent nous vendre. Certes Limoges n’est pas à l’abri de la délinquance mais on n’est pas non plus à Chicago à l’heure de la prohibition. Arrêtez d’alimenter l’idée d’un climat malsain qui règnerait sur la ville. Oui, ses habitants ont droit à la tranquillité et à la sécurité mais arrêtons les fantasmes et donnons-nous des moyens mais adaptés à la réalité des faits!

Alors oui nous sommes d’accord avec ce que propose le plan en matière de prévention : oui au développement de la médiation de soirée dans le quartier, oui à des rencontres régulières entre ville, police et habitants des quartiers, oui aux chartes de bon voisinage, oui à la prévention des conduites addictives (alcool et drogue), oui à une cellule tranquillité publique mensuelle, oui à l’accompagnement des clubs sportifs confrontés à la violence, oui à l’accompagnement des femmes et des enfants victimes de violence, oui, oui à des dizaines d’actions de ce genre proposées par le document.

Mais non lorsqu’il s’agit que la ville participe elle même à alimenter ce climat malsain que j’évoquais il y a un instant. Nous réitérons ici notre opposition totale à la mise en place de la vidéo surveillance. Nous nous en sommes déjà expliqué lors du conseil municipal précédent et je m’y étendrai pas sinon pour répéter et répéter encore que la vidéo surveillance c’est un coût important (installation+ fonctionnement) pour une efficacité plus que douteuse. Le dispositif rassure mais ne règle pas les problèmes (prendre l’image de la température réelle et celle ressentie).

Le plan local de sécurité propose également de renforcer la police municipale. Nous n’y serions pas opposés s’il s’agissait par là d’en faire des médiateurs, des agents de proximité, des relais d’une politique de prévention mais je crains que vous leur fixiez d’autres missions. Nous sommes en effet très inquiets quand nous entendons dire que les nouveaux recrutés pourraient être armés. Nous souhaiterions savoir si cette rumeur est fondée et connaître les conditions mises à ce recrutement. On nous dit en effet que ce serait de recalés des concours de la police où de la gendarmerie nationale. Si tel est le cas il doit y avoir des raisons au fait qu’ils soient recalés : les armer n’est ce pas prendre des risques ? Nous sommes pour notre part totalement là encore opposés à une police municipale armée : cela doit rester l’apanage de la police nationale.

Avec ce document nous sommes en réalité confrontés au dilemme de la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. C’est pourquoi nous nous abstiendrons.

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