CM du 2 février 2016 – Regroupement d’écoles

Intervention de Frédéric Chalangeas

L’argument majeur de cette délibération repose sur l’efficience de l’offre scolaire et la concentration des moyens…

Efficience de l’offre et concentration des moyens, on se croirait dans un manuel de gestion alors qu’on parle d’enfants…

Vous reconnaissez vous-mêmes que le nombre d’écoles étant jusqu’à présent resté constant, les charges l’étaient également, alors pourquoi fermer des écoles qui ne vous coûtent pas forcément plus chères, et où parents et enfants sont satisfaits de l’accueil et de l’enseignement ?

Eh bien, et on a pu l’entendre dans les différentes commissions où le sujet a été abordé, les classes à niveaux multiples n’apporteraient pas nécessairement un enseignement de meilleure qualité, les grosses structures d’accueil faciliteraient le vivre-ensemble, voire même on apprendrait peut-être un peu mieux à la ville qu’à la campagne ! Et ces propos, figurez-vous, venaient plutôt des instances de l’éducation nationale qui vous soutiennent dans votre démarche et auxquelles vous déroulez le tapis rouge pour de futures suppressions de postes d’enseignants …

A l’appui d’arguments comptables et politiquement orientés, où les impératifs financiers doivent primer sur toute autre considération, on en vient à ne pas assumer et à se défausser sur des prétextes qui se veulent pédagogiques.

D’un côté, on a des enseignants, des parents et des enfants qui apprennent la nouvelle de la fermeture de leur école par leur hiérarchie et par les journaux (et cela, même si on nous a depuis répété à l’envi que la question planait déjà depuis plusieurs mois au-dessus de nos têtes), et de l’autre côté, la Mairie en cheville avec les instances de l’Éducation Nationale…

Le groupe Limoges-Terre de Gauche, quant à lui, a écouté tout le monde. Certes, notre cœur avait déjà un parti-pris, mais nous ne sommes jamais fermés à la discussion.

Alors, nous prenons le temps de rencontrer les personnes concernées, parce qu’elles ont des choses à dire, des éléments factuels à donner et à discuter. Parler de la carte scolaire, du problème de l’éloignement des cantines, de leur coût, des écoles surchargées qui sont une gêne aussi bien pour les enseignants que pour les enfants, de la gratuité du périscolaire, de l’accès des écoles aux parents, nous sommes complètement pour. Cela prend du temps, et nous participons dès que cela nous est possible aux rencontres qui permettent vraiment de réfléchir au vivre-ensemble, pas seulement aux pseudo-concertations où l’on impose des décisions liées à des économies de bouts de chandelles. Cela ne se fait pas à la va-vite et de la manière péremptoire qui nous est ici assénée, au détriment de nos enfants, de notre avenir.

Et nous nous opposons d’autant plus à cette décision, qu’elle laisse présager à plus ou moins longue échéance la fermeture d’autres écoles, comme on a pu l’entendre ici ou là, et qu’une nouvelle fois il y a fort à parier que tout le monde sera mis devant le fait accompli, et se verra expliquer « avec pédagogie » les bienfaits des économies !

C’est donc sans aucune hésitation que notre groupe vote contre cette délibération et apporte tout son soutien aux familles et aux enseignants qui se battent pour la qualité de l’enseignement et des conditions d’accueil des élèves. L’intérêt général est de leur côté.

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