Déc 22

CM du 19 décembre 2017 – SRADETT 2

Intervention de Gilbert Bernard.

Le SRADDET nous dit-on « c’est l’opportunité de construire un projet d’avenir commun pour donner une place à chacun des territoires au sein d’une région attractive ». Une belle et louable ambition certes mais d’ores et déjà plombée par une réalité qui s’impose un peu plus chaque jour. Cette réalité, comme vient de le rappeler Danielle Soury c’est celle d’une métropolisation qui attire et concentre sur le territoire de la nouvelle capitale régionale les activités, les hommes, les investissements, les richesses. … S’il fallait un exemple pour illustrer cette réalité je citerai ici les propos du président du BTP en Limousin, parus ces derniers jours dans la presse locale. Il relativise le redémarrage de l’activité dans ce secteur en faisant remarquer qu’elle bénéficiait essentiellement à l’agglo bordelaise et bien moins au Limousin car l’essentiel des investissements publics ou privés se font là-bas et non ici. Parole d’expert … Nous n’avons eu de cesse de l’affirmer la métropolisation voulue et mise en place sous les présidences Sarkozy et Hollande c’est d’abord cela : une machine à concentrer les richesses et les lieux de décisions et donc à désertifier des pans entiers du territoire.

Ne soyons don pas dupes : le SRADDET ne règlera pas les déséquilibres territoriaux générés par la fusion des régions, il permettra, au mieux, de les corriger à la marge. Il faut bien être convaincu de cela au moment où l’on nous demande d’apporter notre contribution au document.

Quant à vos propositions, elles sont parcellaires, parfois incohérentes et occultent un certain nombre d’enjeux.

Nous partageons vos priorités en matière infrastructures ferroviaires (POLT, Bordeaux-Lyon) sur l’osp Limoges-Paris, sur l’amélioration de la RN147. Nous sommes également d’accord pour dire qu’il faudrait instaurer un moratoire sur l’implantation des grandes surfaces commerciales en périphérie quand on sait les conséquences néfastes qu’elles entrainent pour le centre-ville.

Nous déplorons cependant que sur nombre des six grands enjeux identifiés par le SRADDT, votre contribution reste muette.

  • Prenons l’enjeu 1 « développer de l’activité et créer des emplois durables ». Rien ou presque. Certes c’est là une compétence de l’agglo et pas de la ville mais rien ne nous empêchait de faire des propositions. Comme par exemple de demander à la région de bonifier ses aides en faveur des territoires les plus fragiles, ou de demander instamment le maintien des emplois associatifs dont on connaît l’importance.
  • L’enjeu 2 « offrir une formation de qualité ». Rien là encore ou presque sur l’université. Quid de son avenir alors que Tours, Orléans et la Rochelle ont quitté la communauté d’université dont elle fait partie. Quid de son avenir alors que les restrictions budgétaires ont fait baisser l’offre de formation de 17% cette année (avec des postes gelés) ? Certes ce n’est pas là encore une compétence de la ville mais cela nous empêche-t-il de réaffirmer le rôle de l’université vu comme un levier essentiel du développement et du rayonnement de notre ville ?
  • L’axe 6 « faire de la transition écologique et énergétique un levier de développement ». Là aussi pas de propositions. J’étais récemment à Bordeaux où se réunissaient les acteurs régionaux du Conseil permanent de la transition énergétique et du climat. Le professeur Hervé le Treut, qui préside le Comité scientifique régional sur le changement climatique en NA s’inquiétait du fait que très peu de maires prennent des mesures pour anticiper ou atténuer les conséquences du changement climatique. Il citait à titre d’exemple la végétalisation des bâtiments publics qui permet de réguler la température notamment en cas de canicule. (on pourrait par exemple s’en inspirer pour la construction du nouvel Ephad à la Bastide). Limoges a été classé seconde comme ville où l’on vit le mieux en France : jouons à fond cette carte et soyons innovants en terme de propositions ….

D’autres enjeux auraient mérité d’être pointés ou précisés comme la lutte contre la disparition des terres agricoles, le développement des transports doux, les relations ville-campagne … En définitive la contribution nous paraît rédigée à la vite et pour tout dire bâclée. Nous voterons contre en rappelant encore une fois que ce SRADDT ne sera au mieux qu’un cautère sur la jambe de bois de la métropolisation.

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