CM du 19 décembre 2017 – DSP parkings

Intervention de Gilbert Bernard

Autant nous pouvons comprendre et partager la logique qu’il y a à regrouper l’ensemble des parcs de stationnement dans un contrat unique, autant nous pouvons comprendre la réduction à 8 ans de ce contrat, autant nous divergeons sur le choix du mode de gestion : plutôt que la DSP nous aurions préféré la régie directe.

Vous justifiez votre choix au travers d’un document qui présente les avantages et les inconvénients de chacun des modes de gestion. A la lecture de ses conclusions vous vous tirez déjà une balle dans le pied. Il est savoureux de lire que les deux avantages (les ++) de la régie directe sont, selon les termes employés, « la forte maitrise du service » et « la possibilité de faire évoluer le périmètre du service » alors que pour la DSP vous mettez en avant le « recours à un exploitant compétent » (encore heureux !) et «l’implication moins importante des services de la ville » (en quoi est-ce un argument ?). Quant aux inconvénients (les -) il en va de même. Pour la régie directe vous pointez entre autres la faible expertise de la ville (vous vous sous estimez ?), la réactivité moindre (vous n’êtes pas réactif ?), la nécessité d’une forte implication des services (vous doutez de leur efficacité ?). Pour la DSP, « une plus grande rigidité pour la mise en œuvre du contrat » et « peu de possibilité de faire évoluer le périmètre du service » : on ne saurait mieux dire …

Au delà de ces arguments, ce document est par ailleurs muet sur un point pourtant essentiel : il ne donne aucune indication chiffrée sur les recettes générées, sur ce que rapportent ces parkings aux sociétés gestionnaires. Il aurait pourtant été éclairant de comparer ces chiffres aux sommes versées à la ville au titre des loyers. Un vrai bilan technique et financier complet aurait pu nous livrer des éléments utiles pour éclairer la décision que nous avons à prendre. On se serait sans doute rendu compte qu’une DSP coûte plus cher qu’une régie car le délégataire a une exigence de rentabilité qui impacte directement les tarifs pour les usagers.

Ces éléments nous ne les avons pas. Au final, vous vous contentez d’écarter la régie publique au simple prétexte que la ville ne dispose pas des compétences spécifiques à ce type d’équipement. C’est un peu court avouez le : gérer des parkings ne relève tout de même pas de l’impossible pour une ville comme la nôtre ; les compétences vous les auriez trouvé si vous en aviez eu la volonté politique.

Pourquoi préférons-nous la régie publique ? Outre les principes fondamentaux de gestion d’un service public (égalité des usagers, continuité du service, équilibre financier) elle permet :

  • Une plus grande flexibilité de la politique de stationnement en permettant de de faire évoluer à tout moment les dispositifs de stationnement en fonction des besoins et de la collectivité et des usagers.
  • De simplifier et assouplir les conditions d’exploitation du stationnement payant en développant un mode de gestion identique selon les typologies de stationnement (parkings / voirie).
  • De réaliser les investissements nécessaires et au « fil de l’eau », en palliant tout décrochage technologique et en réalisant des amortissements respectueux de la programmation budgétaire.
  • D’optimiser des compétences et des savoirs faire au sein de la collectivité.

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