Déc 22

CM du 19 décembre 2017 – Budget Primitif

Intervention de Gilbert Bernard.

Monsieur le maire, mes chers collègues,

Votre projet de budget 2018 est la traduction concrète et conforme de vos orientations budgétaires débattues lors du cm de novembre. Chacun comprendra aisément dans ces conditions que notre propos d’aujourd’hui ne diffèrera guère de celui que nous avons tenu à cette occasion.

Alors que pour la première fois depuis une dizaine d’année les recettes, au premier rang desquelles la DGF, ne vont pas baisser, vous programmez pourtant une nouvelle diminution des dépenses de fonctionnement de – 2 %. Ce nouveau tour de vis dans les dépenses va immanquablement impacter le niveau de services rendus à l’usager.

Pour parvenir à cet objectif vous jouez sur deux leviers :

Le premier concerne le personnel municipal qui sera mis une nouvelle fois à la diète avec une diminution de – 0,5 % des charges sur ce chapitre. La modernisation des parcours professionnels, des carrières et des rémunérations va être à nouveau gelée et la chasse aux heures supplémentaires renforcée. Vous appliquez ainsi au service public –et vous n’êtes pas le seul malheureusement- les règles qui règnent dans le privé où les salaires et l’emploi sont les premières victimes des politiques pudiquement qualifiées d’ « ajustement ». Certes vous n’en êtes pas encore à supprimer des emplois mais vous nous avez annoncé en commission des finances que 66 postes concernant des missions anciennement exercées par la ville et dorénavant dévolues à l’agglo ne seraient pas tous remplacés. Cela laisse augurer de la suite…

Le deuxième levier concerne les dépenses directement liées aux politiques publiques menées par la ville  Elles seront en baisse de 1,7% (-1,16 million) en fonctionnement et de 6,8 % % (-2,9 millions) en investissement.

Un million en moins en fonctionnement ce n’est pas rien et cela impactera directement le quotidien des limougeaudes et limougeauds. Certes vous avez l’habilité de noyer le poisson en diluant cette baisse globale dans la multitude des lignes budgétaires mais au bout du compte on assiste bien à une baisse du service rendu à l’usager. Trois exemples emblématiques. Les crédits pour les politiques de solidarité vont globalement connaître en fonctionnement une baisse de 118.000 euros, baisse qui affecte particulièrement le tissu associatif de proximité. L’offre de loisirs est aussi impactée avec une diminution de 145.000 euros. Troisième exemple, la politique en faveur de l’attractivité et le rayonnement de la ville dont les crédits de fonctionnement sont amputés de 757.000 euros!

L’investissement n’est pas mieux loti avec une baisse de 6,8 % % soit près de 3 millions d’euros. Vous mettez en avant la capacité à maintenir vos investissements sur vos projets prioritaires (place de la Ré, écoles, halles centrales …) mais cela se fera au détriment là encore d’autres politiques. Je ne veux pas vous abreuver de chiffres mais il me suffira de pointer les -5,7 millions de ressources générales, les – 882.000 euros sur l’offre de loisirs ou les -116.000 euros sur la transition énergétique et écologique.

Qu’il s’agisse du fonctionnement ou de l’investissement c’est bien au total à une réduction de l’offre de services publics municipaux que va conduire ce budget. Nous ne l’acceptons pas.

La pilule sera d’autant plus amère pour l’usager qu’elle ne sera pas compensée pour le contribuable. Certes vous vous engagez à ne pas augmenter les taux d’imposition mais nous affirmons ici qu’il était tout à fait possible de baisser les impôts locaux en 2018.

Le « coup de bambou » fiscal en 2017 vous aura rapporté 5 millions d’euros supplémentaires par rapport à 2016, ce sont là les chiffres qui figurent dans votre rapport. Et bien ces 5 millions vous auriez pu faire le choix de les rendre au contribuable en 2018. Comment ? Tout simplement en maintenant l’emprunt d’équilibre au niveau de l’an dernier. Cela vous aurait permis d’engranger 5 millions de recettes supplémentaires, ces mêmes 5 millions que vous avez pris dans les poches du contribuable en 2017.

J’entends déjà vos cris d’orfraie : «vous voulez étrangler la ville », « l’emprunt c’est l’impôt de demain ». Mais nous ne sommes pas des irresponsables. Nous avons regardé avec attention le niveau d’endettement de la ville. Il se situe légèrement en dessous de la moyenne nationale : la dette par habitant est à Limoges légèrement inférieure à la moyenne nationale autour de 950 euros/hab. Elle est surtout largement inférieure à celle des villes de plus de 100.00 habitants qui se monte, elle, à 1.4000 euros (Couzeix : 1693 en 2014!). Maintenir l’emprunt au niveau de l’an dernier –je dis bien maintenir et non pas augmenter- niveau que vous aviez vous-même déclaré « raisonnable » aurait permis de dégager des marges de manœuvre pour baisser l’impôt. Oui il était tout à fait possible de baisser les impôts locaux en 2018 ! Vous ne faîtes pas ce choix et nous le déplorons.

Nous voterons contre ce budget.

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