Fév 20

CM du 16 février 2017 – vidéosurveillance

Sur le déploiement de la vidéo-surveillance

Intervention de Frédéric Chalangeas

Notre groupe a déjà exprimé à de nombreuses reprises ses positions sur la sécurité et la prévention de la délinquance.

Nous sommes conscients des difficultés que rencontrent certain.e.s de nos concitoyen.ne.s et de la violence réelle qu’ils et elles peuvent vivre ou ressentir au quotidien.

Mais nous ne pensons pas qu’alimenter des faits-divers, soutenir des rumeurs aux relents quelquefois racistes et xénophobes, comme cela a été fait par certain.e.s dans le journal municipal va résoudre les problèmes de chacun.e.

Le périmètre d’implantation des caméras de vidéo-surveillance va être augmenté et nous savons que certain.e.s habitant.e.s en seront satisfait.s parce que, pour un temps, cela aura certainement un caractère dissuasif. En effet, lorsque l’on veut commettre un délit, on commence par essayer de se mettre à l’abri des regards…. Mais au bout du compte, cela réglera-t-il humainement les querelles de voisinage, les comportements qui parfois dépassent les bornes (les « incivilités »), ces petites choses qui rapidement, lorsque l’on vit dans des environnements où il y a de moins en moins de service public de proximité, de police, de santé, d’éducation, et plus ou très peu de petits commerces, toutes ces petites choses donc, qui deviennent trop importantes pour que la vie en commun les règle d’elle-même?

La sécurité, c’est quelque chose qui se travaille sur le très long terme, et surtout en communiquant avec les premiers concerné.e.s. Ajouter des caméras dans un espace public peut permettre éventuellement de voir des délits en train de se commettre, mais cela permet-il de les prévenir ? Et face aux regards des caméras, qui sait s’il ou elle n’est pas coupable d’un crime qu’il ou elle ignore ?

Quelle responsabilité pour les personnes chargées de surveiller leurs concitoyen.ne.s de ne pas rater quelque chose d’important ou bien de ne pas en faire trop !

Certaines questions purement techniques restent elles aussi à poser. Le coût global de pose, de l’entretien des machines, ajouté à celui des personnels a-t-il, pour parler comme la droite, un bon rapport qualité/prix ? Et honnêtement, est-ce que c’est avec la présentation de chiffres, que l’on peut faire un lien entre la pose de caméras de surveillance et la baisse des délits ou des « incivilités » ?

Vous nous répondrez certainement deux choses. D’une part, que ces caméras faisaient partie de votre programme, et c’est un fait. D’autre part, que vous allez proposer, notamment dans une délibération qui a été présentée ce soir, une forme d’approche plus « humaine » de la sécurité et de la prévention, avec du personnel dédié à la rencontre des habitant.e.s ou plus précisément des personnes pouvant être susceptibles de commettre des délits. Nous verrons là aussi l’efficacité de ce dispositif avec le temps.

Un choix politique serait aussi d’augmenter les moyens des structures associatives et sportives intervenant avec les habitant.e.s, et pas seulement de jongler avec la notion de moyens constants et autres baisses de budgets nationaux pour expliquer l’arrêt ou le déplacement des activités.

Nous n’avons pas les mêmes conceptions sur la question de la sécurité que la droite, nous n’avons pas non plus les mêmes que le gouvernement actuel qui depuis cinq ans, stigmatise les quartiers, la jeunesse et va jusqu’à combattre par sa police et en les amenant devant les tribunaux, les mouvements sociaux qui défendent d’autres façons de penser le travail et l’humanité.

Notre groupe continuera donc à s’opposer à la sécurisation forcée de nos vies et de nos villes par l’utilisation de technologies coûteuses et à l’efficacité douteuse, et cherchera avec chacun.e à trouver comment vivre-ensemble, vraiment.

Ce sont les raisons pour lesquelles nous voterons contre cette délibération.

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