Déc 16

cm du 13 décembre – Sur l’abattoir

Intervention de Danielle Soury.

Un abattoir respectueux de la cause animale, c’est un abattoir plus respectueux des hommes au travail !

Notre abattoir a été récemment placé sous les feux de l’actualité. Au-delà de l’emballement médiatique, cette affaire nous invite à réfléchir fondamentalement sur le type de modèle économique d’abattage qui se dessine pour l’avenir. Qu’on le veuille ou non, les enjeux environnementaux vont nous contraindre à réduire la part des protéines carnées dans notre alimentation; qu’on le veuille ou non, le fonctionnement des abattoirs devra tôt ou tard répondre beaucoup mieux à des critères de bientraitance animale.

Dans ces conditions, ne doit-on pas regarder avec attention les modèles alternatifs qui émergent et pourraient bien tracer les voies de l’avenir ? Comme par exemple l’expérience unique en France du Pôle Viandes locales qui va ouvrir en septembre prochain à Bourganeuf. Les promoteurs de ce projet affichent des objectifs innovants: « La bientraitance de l’animal est l’affaire de tous. Bien entendu l’acte est, lui, le fait de quelques opérateurs. On peut les blâmer, les insulter… Mais il est trop facile de leur laisser faire le « sale boulot » en détournant les yeux puis de venir s’indigner…. Les laisser seuls c’est aussi les exposer à une souffrance psychologique isolée de tout soutien ». Et d’ajouter : «  Sans compassion pour l’animal à qui il ôte la vie, l’Homme perd petit à petit de sa propre humanité… La technique ne répond pas à tout et seule notre volonté créative nous permet de progresser pour le bien de tous »

Un des objectif premiers de cet établissement c’est donc d’éviter à tout prix la souffrance animale. Ce qui  implique d’inventer des outils spécifiques et une organisation adéquate privilégiant la lenteur. Il s’agit notamment d’assurer une réception respectueuse de l’animal, avec une bouverie entièrement circulaire ; une mise à mort digne de l’animal proscrivant l’aiguillon électrique. Ceci impose de réduire les cadences de travail de 20% pour permettre aux opérateurs de prendre le temps de faire les bons gestes. Notamment lors de l’étourdissement.

Un abattoir respectueux de la cause animale c’est aussi un abattoir plus respectueux des hommes au travail. Notre abattoir public ne doit-il pas regarder cette expérience attentivement, et voir comment s’en inspirer afin de garantir son propre devenir à long terme ?

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