Avril 2018

Ode aux oubliés…

Lors de l’incendie de la rue de la Boucherie en février dernier, un jeune homme de 24 ans a perdu la vie. Un jeune de la rue qui avait trouvé refuge dans ce si joli quartier.

Oublié parmi les cendres, oublié dans les mots, effacé de la mémoire collective, nous ne connaissons ni son nom, ni son histoire. Afin de dire leur tristesse et de manifester leur humanité, des limougeaud.e.s se sont retrouvés samedi 3 mars sur les lieux de l’incendie, pour un temps de recueillement. Ils avaient apporté des fleurs, des poèmes, des chansons, des silences. A plus d’un siècle de distance, mais toujours d’actualité, un cri indigné a salué cette mort tragique…

Les petiots

Ouvrez la porte

Aux petiots qui ont bien froid.

Les petiots claquent des dents.

Ohé ! ils vous écoutent!

S’il fait chaud là-dedans,

Bonnes gens,

Il fait froid sur la route.

Ouvrez la porte

Aux petiots qui ont bien faim.

Les petiots claquent des dents.

Ohé ! il faut qu’ils entrent!

Vous mangez là-dedans,

Bonnes gens,

Eux n’ont rien dans le ventre.

Ouvrez la porte

Aux petiots qui ont sommeil.

Les petiots claquent des dents.

Ohé ! leur faut la grange

Vous dormez là-dedans,

Bonnes gens,

Eux, les yeux leur démangent.

Ouvrez la porte

Aux petiots qu’ont un briquet.

Les petiots grincent des dents.

Ohé ! les durs d’oreille  !

Nous verrons là-dedans,

Bonnes gens,

Si le feu vous réveille  !

J. R.

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